Frise chronologique
1101
Chapelle originelle
Chapelle originelle
1101 (≈ 1101)
Première mention d’une chapelle sur le site.
1509–1525
Construction initiale
Construction initiale
1509–1525 (≈ 1517)
Édification en style gothique flamboyant.
1540
Ajout du clocher
Ajout du clocher
1540 (≈ 1540)
Achèvement de la tour-clocher.
1795
Rétrocession au culte
Rétrocession au culte
1795 (≈ 1795)
Rouverte après la Révolution française.
1870
Dommages prussiens
Dommages prussiens
1870 (≈ 1870)
Partiellement détruite pendant le siège.
1901–1907
Classements successifs
Classements successifs
1901–1907 (≈ 1904)
Grilles (1901), retables et peinture (1907).
1914–1918
Destruction massive
Destruction massive
1914–1918 (≈ 1916)
Clocher utilisé par les Allemands, ruine en 1918.
1927–1932
Reconstruction
Reconstruction
1927–1932 (≈ 1930)
Dirigée par Henry Moreau, coût : 6M francs-or.
1931
Installation des cloches
Installation des cloches
1931 (≈ 1931)
Quatre cloches fondues par Georges Farnier.
1944
Dégâts de la Libération
Dégâts de la Libération
1944 (≈ 1944)
Vitraux soufflés par explosion de munitions.
2024–2025
Nouvel autel et estrade
Nouvel autel et estrade
2024–2025 (≈ 2025)
Consacrés par l’évêque Gérard Le Stang.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Jean : classement par arrêté du 13 décembre 1907
Personnages clés
| Henry Moreau - Architecte en chef |
Dirige la reconstruction (1927–1932). |
| Jacques Gruber - Maître-verrier |
Auteur des vitraux historiés (1931–1932). |
| Charles-Henri Michel - Peintre local |
*Le Baptême du Christ* (1854) pour l’église. |
| Georges Farnier - Fondeur de cloches |
Fonde les quatre cloches en 1931. |
| Abbé Jean-Louis Brunel - Curé initiateur |
Projet d’estrade et autel (2024). |
| Gérard Le Stang - Évêque d’Amiens |
Consacre le nouvel autel (2025). |
Origine et histoire
L'église Saint-Jean-Baptiste de Péronne, édifiée entre 1509 et 1525 en style gothique flamboyant, remplace une chapelle attestée dès 1101. Consacrée en 1525, elle est la seule des six églises pré-révolutionnaires de Péronne à subsister après 1789, grâce à la loi limitant à un seul édifice paroissial par commune. Son clocher, ajouté en 1540, domine une structure en hallenkirche (église-halle) à trois nefs d’égale hauteur, caractéristique rare en Picardie. Au XVIIe siècle, elle abrite une confrérie du Mont-Carmel et accueille des œuvres du peintre local Charles-Henri Michel, dont Le Baptême du Christ (1854).
La Révolution française transforme son statut : fermée pendant la Terreur, elle est rendue au culte en 1795 et restaurée en 1829. Le XIXe siècle marque son enrichissement artistique, avec des retables classés (1907) et des grilles en fer forgé du XVIIIe siècle (classées en 1901), offertes par un lieutenant criminel en 1775. La guerre de 1870 l’endommage partiellement lors du siège prussien, mais c’est la Première Guerre mondiale qui la détruit presque entièrement. Occupée par les Allemands dès 1914, son clocher sert de poste d’observation, et ses vitraux sont soufflés en 1916. En 1918, les explosifs allemands réduisent l’édifice à ses murs, avec la perte des reliques de saint Fursy.
La reconstruction (1927–1932), dirigée par l’architecte en chef des Monuments historiques Henry Moreau, réutilise 70 % des pierres originales et des sculptures rescapées. Le coût dépasse 6 millions de francs-or, financés par une coopérative diocésaine. Les vitraux, signés Jacques Gruber et Louis Barillet, et les orgues Cavaillé-Coll (1932) achèvent cette renaissance. La Seconde Guerre mondiale endommage à nouveau les vitraux (1944) et le clocher, réparés dans l’après-guerre. Aujourd’hui, l’église, centre de la paroisse catholique de Péronne, attire 5 000 visiteurs annuels et reste un symbole de résilience patrimoniale.
L’intérieur conserve des éléments remarquables : une peinture murale de 1601, La Bonne Mort, restaurée en 2013 ; des monuments funéraires des XVIe–XVIIe siècles (Jean Levesque, Jean Bauduin) ; et un groupe sculpté de saint Fursy (XVIIe–XVIIIe siècle). Les quatre cloches, fondues en 1931 par Georges Farnier, portent les noms des conseillères municipales de l’époque. En 2024, une nouvelle estrade et un autel, réalisés par des artisans locaux, sont consacrés par l’évêque Gérard Le Stang, marquant la continuité cultuelle de ce monument bicentenaire.