Origine et histoire de l'Église Saint-Jean-Baptiste
L'église Saint-Jean-Baptiste de Retournac, classée monument historique en 1907, est un édifice religieux roman construit à la fin du XIIe siècle dans le département de la Haute-Loire. Son architecture initiale comprend une nef de trois travées, une abside semi-circulaire et deux absidioles, caractéristiques du style roman auvergnat. Les murs en brèche volcanique rouge et roche gréseuse jaune, tirées des carrières locales, témoignent des ressources géologiques de la région. Le clocher, doté de trous de boulin, suggère un rôle défensif dans le système de fortifications médiévales du village, probablement lié à l’ancien château aujourd’hui disparu.
La fondation d’une collégiale en 1446 par Jean de Bourbon, évêque du Puy, marque une étape clé dans l’histoire de l’église. Cette institution religieuse, supprimée en 1791 pendant la Révolution, reflète l’influence ecclésiastique sur Retournac, co-seigneurie partagée entre l’évêché du Puy et la baronnie de Roche-en-Régnier. Les modifications architecturales des XVIIe et XVIIIe siècles, comme l’ajout de chapelles latérales (dont une datée de 1674 et une autre de 1729) et la surélévation des murs de la nef, illustrent l’évolution des besoins liturgiques et funéraires de la communauté.
L’église abrite un patrimoine artistique remarquable, incluant un tableau de la Vierge à l’Enfant du XVIe siècle (école italienne) et des vitraux contemporains signés Henri Guérin, réalisés entre 1966 et 2006. Ces œuvres en dalle de verre, non figuratives, offrent une rétrospective de l’art verrier moderne. Le mobilier liturgique, créé en 1983 par Philippe Kaeppelin, et les chapiteaux romans à feuillages rappellent la richesse historique et culturelle du site. L’édifice, propriété communale, reste un symbole du patrimoine religieux et architectural de la Haute-Loire.
Les origines de la paroisse remontent au moins aux années 990, mentionnées dans le cartulaire de Chamalières pour une donation liée à une manse. Au XIIe siècle, Retournac devient un lieu de donations à l’abbaye de Chamalières, confirmant son importance religieuse et seigneuriale. La présence de l’ancien château, aujourd’hui démoli, et les traces de fortifications (comme les trous de boulin du clocher) soulignent le rôle stratégique de l’église dans le paysage médiéval local.
Les particularités architecturales incluent une coupole appareillée dans la troisième travée, soutenue par des trompes, et des arcs-doubleaux reposant sur des demi-colonnes à chapiteaux feuillus. Les déformations des murs gouttereaux, causées par la poussée des voûtes, révèlent les défis techniques de la construction romane. Les modifications ultérieures, comme le portail ouest remplaçant l’ancien accès sud, reflètent les adaptations successives de l’édifice aux pratiques cultuelles et aux besoins de la population.