Frise chronologique
Vers 557
Don de Childebert à saint Germain
Don de Childebert à saint Germain
Vers 557 (≈ 557)
Forêt d’Yveline cédée à l’évêque de Paris.
768
Confirmation par Pépin le Bref
Confirmation par Pépin le Bref
768 (≈ 768)
Possessions ecclésiastiques en forêt d’Yveline validées.
1026
Construction par Robert le Pieux
Construction par Robert le Pieux
1026 (≈ 1026)
Première église édifiée par le roi capétien.
1184
Vision de Philippe-Auguste
Vision de Philippe-Auguste
1184 (≈ 1184)
Événement miraculeux rapporté dans l’église.
7 septembre 1200
Concile de Saint-Léger-en-Yvelines
Concile de Saint-Léger-en-Yvelines
7 septembre 1200 (≈ 1200)
Fin de l’interdit contre Philippe-Auguste.
XIIIe siècle
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
XIIIe siècle (≈ 1350)
Édification par les habitants locaux.
XVIe siècle
Reconstruction nef et chœur
Reconstruction nef et chœur
XVIe siècle (≈ 1650)
Modifications majeures de l’édifice.
1933
Classement du clocher
Classement du clocher
1933 (≈ 1933)
Inscription aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher : inscription par arrêté du 13 avril 1933
Personnages clés
| Childebert - Roi mérovingien |
Donateur de la forêt d’Yveline à saint Germain. |
| Pépin le Bref - Roi carolingien |
Confirma les possessions ecclésiastiques en 768. |
| Saint Léger d'Autun - Évêque et martyr |
Premier saint patron de l’église (VIIe siècle). |
| Robert le Pieux - Roi capétien |
Fonda l’église primitive en 1026. |
| Philippe-Auguste - Roi de France |
Vision en 1184 et concile en 1200. |
| Hugues et Helgaud - Moines de Saint-Benoît-sur-Loire |
Participèrent à la construction (XIe siècle). |
Origine et histoire
L’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Léger-en-Yvelines s’inscrit dans l’histoire de la forêt d’Yveline, domaine royal dès l’époque mérovingienne. Vers 557, le roi Childebert aurait cédé une grande partie de cette forêt à saint Germain, évêque de Paris. En 768, Pépin le Bref confirma les possessions des abbayes et églises, dont Saint-Germain-des-Prés et Notre-Dame de Chartres. La localité, initialement dédiée à saint Léger (évêque d’Autun mort en 678), fut un lieu de culte lié aux forêts, comme d’autres villages portant son nom. Le culte de saint Jean-Baptiste, associé aux sources et aux croisades, s’y développa plus tard, avec une première mention écrite en 1604.
Le village devint le chef-lieu du domaine royal d’Yveline sous les Capétiens. Robert le Pieux y fit construire une première église en 1026, dont subsistent des éléments comme les tailloirs des arcs du transept. L’édifice actuel, reconstruit partiellement aux XIIe et XIIIe siècles, abrite un clocher roman et une nef du XVIe siècle. Philippe-Auguste y aurait eu une vision en 1184, et un concile s’y tint en 1200 pour lever l’interdit pesant sur le roi. L’église, modifiée au XIXe siècle, conserve des traces de son passé médiéval et royal.
L’intérieur mêle des éléments des différentes époques : un bénitier en grès du XVIe siècle orné d’écussons, une chaire rocaille de 1743, et un tableau italien du XVIIe représentant le Baptême du Christ. Les vitraux, réalisés par les Bergès (père et fils) au XXe siècle, furent financés par des dons locaux. Le clocher, partie la plus ancienne, est classé monument historique depuis 1933. L’église illustre ainsi l’évolution d’un lieu de pouvoir royal en édifice paroissial, marqué par les cultes de saint Léger et saint Jean-Baptiste.
La forêt d’Yveline, cadre de l’histoire de l’église, fut un territoire de chasse et de pouvoir. Les Carolingiens, comme Carloman, y séjournèrent, et les Capétiens en firent un domaine clé. L’abbaye Saint-Magloire y reçut des terres vers 999. Le lien avec Saint-Benoît-sur-Loire, via les moines Hugues et Helgaud (XIe siècle), suggère une influence monastique dans la construction primitive. L’église, reconstruite par les habitants au XIIIe siècle sans architecte professionnel, reflète une communauté rurale organisée autour de son lieu de culte.
Au-delà de son rôle religieux, l’église fut un lieu de rassemblement politique et judiciaire. Le concile de 1200, souvent confondu avec Saint-Léger-en-Néelle, y mit fin à un conflit ecclésiastique impliquant Philippe-Auguste. Les modifications ultérieures (XVIe et XIXe siècles) adaptèrent l’édifice aux besoins liturgiques et esthétiques, tout en préservant des traces de son origine médiévale. Aujourd’hui, elle témoigne de l’ancrage historique de Saint-Léger-en-Yvelines dans le patrimoine royal et forestier francilien.