Origine et histoire de l'Église Saint-Jean-Baptiste
L'église Saint-Jean-Baptiste, édifice catholique de Sceaux (Hauts-de-Seine), se situe à l'angle de la rue Houdan et de la rue du Docteur-Berger et est inscrite au titre des monuments historiques. Dès le XIIe siècle, une chapelle dédiée à saint Mammès existait à Sceaux ; un autel du XVIIIe siècle, toujours conservé dans la chapelle latérale droite, abrite un reliquaire probablement réalisé en 1726 pour le duc du Maine, et un retable vraisemblablement peint à la même époque qui provient de la chapelle du château et fut donné au début du XIXe siècle par Jean François Lecomte. Émile Hirsch a représenté saint Mammès en 1898-1899 dans un vitrail du revers de la façade. Au début du XIIIe siècle le village devient paroisse et, en 1203, une église dédiée à saint Jean-Baptiste est édifiée à l'emplacement de la chapelle. L'édifice est agrandi en 1476 à la demande du seigneur Jean II Baillet, endommagé par un incendie en 1530 et partiellement reconstruit en 1545. Entre 1719 et 1726, le curé Guy-Louis Baudouin entreprend d'importants travaux d'agrandissement et de restauration qui donnent à l'église ses proportions actuelles. Pendant la Révolution, le décret de la Convention du 10 novembre 1793 transforme l'église en temple de la Raison, utilisé comme mairie, bureau de bienfaisance, siège de la Société populaire, raffinerie de salpêtre et entrepôt, et la châsse de saint Mammès ainsi que les archives de la fabrique échappent à un incendie volontaire. L'inscription apposée sur la façade le 22 mai 1794 proclame « Le peuple français reconnaît l'être suprême et l'immortalité de l'âme » et le bâtiment est alors consacré au culte de l'Être suprême ; l'édifice est rendu au culte le 5 juin 1795. Au XIXe siècle l'église bénéficie de travaux d'entretien et d'amélioration, notamment grâce au duc de Trévise. Des campagnes de restauration engagées à partir de 2014 ont été conduites en plusieurs phases : la reprise des maçonneries, la restauration du campanile, de la charpente et de la couverture, la remise en état de l'orgue et des autels anciens, la restauration des parements intérieurs, des décors peints et des vitraux ont été réalisées entre 2018 et 2020. La troisième phase, qui a entraîné la fermeture complète de l'édifice du 23 novembre 2020 à la fin décembre 2021, a porté sur la façade occidentale et l'ensemble des espaces intérieurs avec la restauration des parements extérieurs et intérieurs, la mise en place d'un nouveau dallage en pierre, des travaux de chauffage, d'électricité et de mise en lumière, l'installation d'un système de sécurité incendie, la repose des lambris bois restaurés, la création d'un sas d'entrée, la rénovation de l'horloge et du beffroi, ainsi que la restauration de l'orgue et de la sacristie. Ces interventions étaient nécessaires en raison de l'usure et des fragilités structurelles de l'édifice, propriété de la Ville au titre de la loi de 1905. Lors des travaux, la DRAC d'Île-de-France a mené des fouilles archéologiques qui ont mis au jour les différents états de l'église jusqu'au Moyen Âge, des sépultures des XIIIe, XIVe, XVIe et XVIIIe siècles, ainsi que le caveau vide du duc du Maine et de son épouse ; la partie antique du chœur montre des aménagements successifs, la dernière phase ancienne comportant un radier de pierre recouvert de plâtre avec banquette et autel latéral. Parmi le mobilier, le groupe du Baptême de Jésus par saint Jean-Baptiste, réalisé par Jean-Baptiste Tuby d'après un dessin de Charles Le Brun pour la chapelle du château du duc du Maine, est placé au-dessus du maître-autel. Les vitraux les plus anciens datent du XVIe siècle et ceux de la nef sont l'œuvre d'Émile Hirsch. L'église connaît une notable activité musicale depuis l'époque baroque, favorisée par la présence au château de la famille du duc du Maine, et un concert du dimanche de Pâques 1723 est attesté avec la participation des enfants du duc. Le buffet de l'orgue, de la fin du XVIIe siècle, est élégant et l'instrument provient de l'église du couvent Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers ; racheté et installé à la paroisse à la fin du XVIIIe siècle, il échappe de peu à la destruction pendant la Révolution, est fortement endommagé en 1870, puis fait l'objet en 1873 d'un contrat avec Aristide Cavaillé-Coll pour l'installation de dix jeux dans le buffet ancien. Au XXe siècle des interventions successives ont été menées (relevage en 1899, installation d'un ventilateur électrique au début du siècle, pédalier en 1948, grandes restaurations en 1969-1970 et 1977, puis travaux en 2014). Restauré à l'atelier de Gwenin l'Haridon et Pauline Freyburger, l'orgue a été béni le 15 janvier 2023 ; il comporte désormais deux claviers et pédalier, quinze jeux, avec au grand-orgue des jeux tels que Bourdon 16', Montre 8', Flûte harmonique 8', Prestant 4', Bourdon 8' et un Plein-jeu de quatre rangs, au récit expressif des jeux comprenant Principal 8', Principal 4', Doublette 2', une Sesquialtera de deux rangs, Basson‑Hautbois 8' et Trompette 8', et au pédalier Soubasse 16', Basse 8' et Basson 16', complétés par des accouplements, tirasses, tremblant et appel d'anches. Parmi les titulaires et maîtres de chapelle figurent René Bürg (1898-1971), Christian Gouinguené (né en 1941), Georges Bessonnet (né en 1953) et Philippe Picone (né en 1968). La paroisse possède une longue succession de curés depuis le XIVe siècle ; on peut notamment citer Guy-Louis Baudoin (1716), Jean-Baptiste de Fraissy (1749) et, pour les temps récents, Georges Vandenbeusch (2002-2011), Jean-Grégoire Houlon (2011-2020), Jean-Baptiste Alsac (2020-2023) et Ludovic Serre, installé le 16 septembre 2023.