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Frise chronologique
XIVe siècle
Construction du chœur
Construction du chœur
XIVe siècle (≈ 1450)
Partie la plus ancienne, financée par les Hattstatt.
1514 (1er quart XVIe siècle)
Restauration et ajouts
Restauration et ajouts
1514 (1er quart XVIe siècle) (≈ 1625)
Sacristie sud ajoutée par Jacques de Hattstatt.
1738
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1738 (≈ 1738)
Remplacement par une nef plus spacieuse.
1832
Agrandissement de la nef
Agrandissement de la nef
1832 (≈ 1832)
Deux travées ajoutées pour la communauté.
1898
Construction de la tour porche
Construction de la tour porche
1898 (≈ 1898)
Style néo-roman, financée par un retable.
1934
Classement monument historique
Classement monument historique
1934 (≈ 1934)
Protection du chœur et éléments funéraires.
1940-1941
Restauration après dommages
Restauration après dommages
1940-1941 (≈ 1941)
Verrières refaites par Gall et Kempf.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Choeur avec son tabernacle, autel et monuments funéraires : inscription par arrêté du 22 mars 1934
Personnages clés
| Famille de Hattstatt - Seigneurs et mécènes |
Financèrent le chœur (XIVe) et restaurations (XVIe). |
| Jacques de Hattstatt - Mécène au XVIe siècle |
Finança la restauration de 1514. |
| Matthias Wittwer - Maçon (1738) |
Reconstruisit la nef médiévale. |
| Martin Moll - Architecte (1738) |
Supervisa la reconstruction de la nef. |
| Jean-Benjamin Kühlmann - Architecte (1832) |
Conçut l'agrandissement de la nef. |
| Georges Bloch - Architecte (1898) |
Dessina la tour porche néo-romane. |
| Robert Gall - Artiste verrier (1941) |
Restaura les verrières endommagées. |
Origine et histoire
L'église Saint-Jean-Baptiste de Soultzbach-les-Bains, située dans le Haut-Rhin (Grand Est), est un monument dont les origines remontent au moins au XIVe siècle. Son chœur, la partie la plus ancienne, date de cette période et a été financé par la famille de Hattstatt, seigneurs locaux depuis le XIIIe siècle. Les armoiries de cette famille, sculptées dans l'abside, attestent de leur implication. Le chœur, de style gothique, présente des ogives et des remplages caractéristiques, ainsi qu'une voûte quadripartite ornée d'une clef représentant l'Agneau pascal.
Au début du XVIe siècle (vers 1514), l'église subit une restauration financée par Jacques de Hattstatt, incluant probablement l'ajout d'une sacristie sud servant de chapelle funéraire seigneuriale. La nef médiévale, initialement plus basse que le chœur, est reconstruite en 1738 en raison de son état délabré, sous la direction du maçon Matthias Wittwer et de l'architecte Martin Moll. Cette nef est à son tour agrandie de deux travées en 1832, selon les plans de l'architecte Jean-Benjamin Kühlmann, pour répondre à la croissance de la communauté catholique.
La tour porche néo-romane, élément marquant de l'édifice actuel, est ajoutée en 1898 d'après les plans de Georges Bloch, architecte colmarien. Son financement provient de la vente du retable de la chapelle cimétériale Saint-Michel en 1882. L'église, endommagée en 1940 par l'explosion d'un dépôt de munitions, voit ses verrières restaurées par Robert Gall et Léon Kempf en 1941. Classée monument historique depuis 1934 (pour son chœur, son tabernacle et ses monuments funéraires), elle fait l'objet de campagnes de restauration majeures, notamment entre 1977 et 1985, incluant la couverture du chœur et la restauration de sa litre funéraire.
L'architecture de l'église mêle plusieurs styles : le chœur gothique aux baies ornées de trilobes et quadrilobes, la nef rectangulaire aux fenêtres en plein-cintre, et la tour porche à flèche polygonale couverte d'ardoises. À l'intérieur, le décor stuqué de la nef et les culots sculptés de l'abside (masques feuillus, visage barbu) témoignent de son riche patrimoine artistique. Les sacristies, accolées de part et d'autre du chœur, ont connu diverses transformations, notamment la conversion de la chapelle seigneuriale en sacristie principale à la fin du XIXe siècle.
L'édifice, propriété de la commune, illustre l'évolution architecturale et religieuse de l'Alsace, marquée par l'influence des familles seigneuriales comme les Hattstatt et les adaptations successives aux besoins liturgiques et démographiques. Son inscription aux monuments historiques souligne sa valeur patrimoniale, tant pour son architecture que pour son mobilier, incluant des éléments funéraires médiévaux aujourd'hui dispersés dans la nef.