Origine et histoire de l'Église Saint-Jean-Baptiste
L'église Saint-Jean-Baptiste de Valence, située place Saint-Jean dans la vieille ville, est perchée au point le plus élevé de la cité, signe de son ancienneté. Considérée comme l’un des premiers lieux de culte chrétiens de Valentia (nom antique de Valence), elle est mentionnée pour la première fois en 1189 dans l’inventaire du chapitre de Valence, bien que sa construction remonte probablement au haut Moyen Âge. Des conciles s’y sont tenus dès 374 et 855, attestant de son importance religieuse précoce. Son clocher-porche, partiellement daté du XIIe siècle, et ses chapiteaux romans témoignent de cette époque médiévale.
Au XVe siècle, l’église, alors dégradée, subit des travaux de restauration. Elle est incendiée en 1567 par des protestants pendant les guerres de religion, puis reconstruite au début du XVIIe siècle sous l’impulsion de l’évêque Jean de Catelan. En 1720, une reconstruction majeure est entreprise, incluant l’interdiction des inhumations dans l’édifice et le déplacement du cimetière adjacent. Un incendie en 1785 endommage le clocher, dont le jacquemart est remplacé par un campanile en fer forgé. La Révolution transforme l’église en entrepôt militaire et prison, avant sa réouverture au culte en 1801.
Entre 1840 et 1849, le corps de l’église est reconstruit selon les plans de l’architecte H. Epailly, s’inspirant de l’architecture de la cathédrale Saint-Apollinaire. Le clocher-porche, rénové en 1861 par Auguste Chauffeur, adopte un style néo-roman avec des éléments comme des baies géminées et des bandes lombardes. Au XXe siècle, l’église subit des restaurations après les dommages de la Seconde Guerre mondiale (vitraux soufflés en 1944) et une campagne de ravalement en 2005-2006. Elle conserve aujourd’hui des reliques de saint Venant et des chapiteaux romans remarquables, comme celui de la Femme aux serpents.
Les chapiteaux de l’entrée du clocher, datant du Moyen Âge, illustrent des scènes bibliques et des motifs symboliques. Parmi eux, le chapiteau de Tobie capturant le poisson représente l’épisode du livre de Tobie, tandis que d’autres montrent des masques crachant des feuillages ou des motifs animaliers hybrides. Ces éléments, ainsi que les similitudes architecturales avec la cathédrale Saint-Apollinaire, soulignent le rôle central de l’église dans l’histoire religieuse et artistique de Valence. Son inscription aux monuments historiques en 1978 protège ce patrimoine médiéval et néo-roman.
L’église Saint-Jean-Baptiste incarne près de deux millénaires d’histoire valentinoise, marquée par des destructions, des reconstructions et des adaptations liturgiques. Son clocher, visible depuis la ville, et ses vitraux modernes (créés en 1945 par Thomas et Balayn) rappellent sa résilience. Aujourd’hui, elle reste un lieu de culte actif, témoignant de l’évolution architecturale et spirituelle de Valence, de l’Antiquité tardive à l’époque contemporaine.