Origine et histoire
L’église Saint-Jean-Baptiste, dite aussi Sainte-Anne, située au Guerno (Morbihan), a été construite vers 1570 pour remplacer une chapelle romane édifiée en 1160 par des moines de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ce premier édifice, lié aux Templiers, attirait déjà des pèlerins grâce à une relique de la Vraie-Croix, conservée dans une croix en argent doré du XIIIe siècle. L’afflux de fidèles, notamment des marins vénérant sainte Anne et des pèlerins du Vendredi Saint, justifia l’aménagement d’une chaire extérieure sur la façade sud, gravée « AN LAN 1575 DE PAR PG GULLAS ». L’église actuelle adopte un plan basilical en croix latine, avec une nef unique et un chevet en hémicycle, reflétant des influences gothiques et Renaissance.
Classée monument historique en 1971, l’église conserve des éléments architecturaux notables, comme une tour nord-ouest circulaire datée de 1580, une porte d’entrée moulurée, et des fresques murales gothiques redécouvertes entre 2010 et 2011 dans le transept sud. Ces peintures, dédiées à la Vierge Marie, sont accompagnées de motifs végétaux et géométriques des XIVe et XVe siècles. Le chœur, reconstruit entre 1580 et 1590, abrite des stalles en pierre, des vases acoustiques, et des vitraux du XVIe siècle représentant le Christ et les armoiries des ducs de Bretagne. Une chapelle latérale, ajoutée en 1682, et un ossuaire détruit en 1842 témoignent des évolutions de l’édifice.
L’histoire de l’église est marquée par son lien avec les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, confirmée par une charte de Conan IV en 1160. Au XVIe siècle, le commandeur de Carentoir, détenteur de la seigneurie du Guerno, supervise des travaux majeurs, comme l’atteste la déposition de Simon Bronic en 1623, évoquant la reconstruction de la « chapelle du Temple » entre 1580 et 1585. La tour, abritant la relique de la Vraie-Croix et des ornements liturgiques (calices, croix d’argent, broderies), symbolise le rôle spirituel et économique du site. En 1706, la tour est restaurée, et en 1710, une indulgence papale est accordée pour la chapelle Sainte-Anne.
À l’intérieur, le mobilier inclut un Christ gisant dans la chapelle du Tombeau, une tribune en bois sculpté, et des boiseries polychromes. Les réemplois architecturaux, comme des chapiteaux corinthiens ou des colonnes transformées en tronc pour les offrandes, suggèrent des liens avec l’église primitive. Les peintures murales du transept nord, autrefois constellées d’hermines, et les vitraux du chevet, mêlant scènes christiques et emblèmes bretons, illustrent la richesse artistique du lieu. Des travaux de rénovation en 2010 ont permis de restaurer ces décors, tout en préservant des traces de l’ancien chapitrel et de l’ossuaire.
Le site reste un lieu de culte actif, avec des fonctions parochiales attestées dès 1623 (baptêmes, enterrements, processions). La présence de sept autels, d’une bannière, et d’un banc réservé aux commandeurs souligne son importance dans la hiérarchie religieuse locale. Aujourd’hui propriété de la commune, l’église, ouverte à la visite, perpétue son héritage médiéval et hospitalier, tout en offrant un témoignage exceptionnel de l’art sacré breton de la Renaissance.
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