Frise chronologique
1112
Charte de fondation
Charte de fondation
1112 (≈ 1112)
Église établie par Barthélémy et son épouse.
1737
Reconstruction
Reconstruction
1737 (≈ 1737)
Édifice reconstruit par le curé François de la Garde.
10 avril 1929
Classement du clocher
Classement du clocher
10 avril 1929 (≈ 1929)
Inscription aux monuments historiques.
1949-1950
Agrandissement moderne
Agrandissement moderne
1949-1950 (≈ 1950)
Nef en béton ajoutée par Henri Vidal.
1966
Changement de vocable
Changement de vocable
1966 (≈ 1966)
De Sainte-Marie-Madeleine à Saint-Jean-Baptiste.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher : inscription par arrêté du 10 avril 1929
Personnages clés
| Barthélémy et son épouse - Fondateurs (1112) |
Établirent l’église selon la charte. |
| François de la Garde - Curé reconstructeur |
Finança la reconstruction en 1737. |
| Pierre de Montesquiou - Maréchal de France |
Inhumé dans l’église en 1725. |
| Henri Vidal - Architecte (1949-1950) |
Dirigea l’agrandissement moderne. |
| Philippe Mercier - Peintre (XVIIIe siècle) |
Auteur de deux tableaux conservés. |
| James Odier - Peintre et maire |
Réalisateur du retable en stuc. |
Origine et histoire
L’église Saint-Jean-Baptiste du Plessis-Robinson, initialement dédiée à Sainte-Marie-Madeleine jusqu’en 1966, se dresse entre la place de la Mairie et l’avenue du Général-Leclerc. Son clocher roman du XIIe siècle, contemporain de la charte de fondation de 1112, est un rare exemple d’architecture médiévale préservée. À souche carrée et dépourvu de contreforts, il présente des baies en plein cintre non géminées, une particularité stylistique. Sa flèche moderne repose sur des corbeaux anciens, tandis que le reste de l’édifice, reconstruit en 1737 par le curé François de la Garde, reflète une architecture classique.
Au XVIIIe siècle, l’église, menacée de ruine, fut entièrement reconstruite aux frais du curé François de la Garde en 1737, conservant uniquement le clocher d’origine. Les transformations majeures survinrent au XXe siècle : face à l’afflux de population lié à la cité-jardin des années 1920, l’église, devenue trop exiguë, fut agrandie entre 1949 et 1950. L’architecte Henri Vidal réorienta le bâtiment vers le nord, ajoutant une nef en béton tout en préservant l’ancienne nef comme narthex et l’ancien chœur comme sacristie. Ces travaux, financés par les Chantiers du Cardinal, marquèrent une adaptation moderne du lieu.
Le mobilier de l’église témoigne de son riche passé. Une Vierge à l’Enfant du XVIIe siècle, peut-être issue du couvent Saint-Étienne des Feuillants de Plessis-Piquet, est vénérée sous le nom de Notre-Dame de Bon Secours. Deux tableaux de Philippe Mercier (Saint Jérôme et Saint Thomas convaincu par Jésus) ainsi qu’un retable en stuc peint par James Odier (1827-1853), ancien maire, ornent les espaces. Le clocher, inscrit aux monuments historiques depuis le 10 avril 1929, reste le seul élément protégé de l’édifice.
Les plaques commémoratives rappellent des figures locales, comme le maréchal Pierre de Montesquiou (1654-1725), gouverneur d’Arras et seigneur du Plessis-Picquet, inhumé dans l’église. Une inscription de 1669 évoque Françoise Le Quin, veuve de Claude Cambray, pour qui des messes annuelles furent instituées. Les tombes historiques, dont l’emplacement fut perdu lors des travaux de 1949, soulignent l’importance funéraire du lieu à travers les siècles.
La liste des curés, depuis Jacques Naudot en 1562 jusqu’à Jean-Emmanuel Gouze en 2019, révèle les liens étroits entre l’église et les élites locales. Parmi eux, l’abbé Comin (1945), résistant et adjoint au maire, ou Jean Dumaine (1765-1792), destitué pour avoir rétracté son serment révolutionnaire. Les revenus de la cure, documentés dès 1565 (20 livres pour 3 arpents de terre), et l’inventaire de 1790 (263 livres de revenus, objets liturgiques en argent) illustrent son rôle économique et spirituel.
L’église incarne ainsi près de neuf siècles d’histoire, mêlant architecture romane, reconstructions classiques, et adaptations contemporaines. Son clocher, son mobilier et ses archives en font un témoin privilégié de l’évolution religieuse, sociale et urbaine du Plessis-Robinson, des seigneurs médiévaux à la cité-jardin du XXe siècle.