Frise chronologique
VIIe siècle
Fondation de l'oratoire primitif
Fondation de l'oratoire primitif
VIIe siècle (≈ 750)
Premier lieu de culte sur voie romaine.
1059
Première mention écrite
Première mention écrite
1059 (≈ 1059)
Charte de l’abbaye de Troarn.
1153
Érection en prébende
Érection en prébende
1153 (≈ 1153)
Lié à la cathédrale de Bayeux.
1417
Dommages pendant la guerre
Dommages pendant la guerre
1417 (≈ 1417)
Siège de Caen pendant Cent Ans.
XVe–XVIe siècles
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure
XVe–XVIe siècles (≈ 1650)
Portail, nef, chœur et tour-porche.
1783
Transfert du cimetière
Transfert du cimetière
1783 (≈ 1783)
Édit royal hors-les-murs.
1802
Retour au culte catholique
Retour au culte catholique
1802 (≈ 1802)
Après usage de salpêtrière.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des MH français.
1944
Bombardements de la bataille
Bombardements de la bataille
1944 (≈ 1944)
Dégâts majeurs pendant Libération.
2012–2013
Fermeture pour consolidation
Fermeture pour consolidation
2012–2013 (≈ 2013)
Travaux de fondations profondes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Jean : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Philippe de Harcourt - Évêque de Bayeux (XIIe s.) |
Érige l’église en prébende en 1153. |
| Eugène III - Pape (XIIe s.) |
Confirme la prébende par deux bulles. |
| Marc Brillaud de Laujardière - Architecte (XXe s.) |
Plan de Reconstruction post-1944. |
| Pieter Thys - Peintre (XVIIe s.) |
Auteur de l’*Ecce Homo* classé. |
| Jean Restout - Peintre (XVIIIe s.) |
*Adoration des mages* (d’après original). |
Origine et histoire
L’église Saint-Jean de Caen, située dans le quartier éponyme, trouve ses origines au VIIe siècle avec un premier oratoire fondé sur une voie romaine traversant les marais de l’Orne. Des sarcophages en pierre de Caen, découverts en 1954–1956, attestent d’une nécropole primitive et d’un culte précoce dédié à saint Jean. L’édifice est cité pour la première fois en 1059 dans une charte de l’abbaye de Troarn, sous les noms Saint-Jean-des-Champs ou Saint-Jean-de-l’Isle. En 1153, l’évêque Philippe de Harcourt l’érige en prébende de la cathédrale de Bayeux, confirmée par deux bulles du pape Eugène III.
Très endommagée pendant la guerre de Cent Ans (siège de 1417), l’église est reconstruite aux XVe et XVIe siècles, avec un portail, une tour-porche, une nef, puis une abside et un chœur. Jusqu’au XVIIIe siècle, elle était ceinte par son cimetière, transféré en 1783 hors des murs de la ville. Pendant la Révolution, elle sert de salpêtrière avant d’être rendue au culte en 1802. Au XIXe siècle, le portail est remanié, et en 1944, l’église survit aux bombardements de la bataille de Caen, bien que gravement endommagée. Sa restauration post-Seconde Guerre mondiale révèle des dalles funéraires médiévales et des ossements enfouis.
Architecturalement marquée par son inclinaison (2,28 m au nord-ouest en 1700), due à un sol marécageux, la tour-porche de 46 m n’a jamais été achevée. Des travaux de fondations (pieux de 15 à 21 m) ont stabilisé l’édifice, notamment après sa fermeture en 2012 pour consolidation. La tour-lanterne du XVIe siècle, inachevée, et le mobilier classé (statues, retables, orgues) témoignent de son riche passé. Aujourd’hui, elle appartient à la paroisse Sainte-Trinité de Caen et reste un symbole de résilience urbaine.
Le mobilier inclut des œuvres notables : un maître-autel du XVIIIe siècle (anciennement à l’abbaye d’Ardenne), des statues classées comme saint Norbert et saint Augustin (1908), ou encore un Christ calciné retrouvé dans les décombres de 1944. Les orgues, dont un Cavaillé-Coll encore fonctionnel, et des toiles comme L’Annonciation (avant 1620) ou L’Ecce Homo de Pieter Thys (classé en 2001), soulignent son rôle culturel et religieux.
Classée monument historique dès 1840, l’église Saint-Jean illustre les défis de la conservation patrimoniale, entre instabilité géologique et mémoire collective. Son plan atypique (chœur plus long que la nef, chevet orienté nord-est) et ses vestiges archéologiques en font un lieu clé pour comprendre l’évolution urbaine et religieuse de Caen, du Moyen Âge à la Reconstruction.