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Église Saint-Jean de Carbini en Corse-du-sud

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise de style pisan

Église Saint-Jean de Carbini

  • D59
  • 20170 Carbini
Église Saint-Jean de Carbini
Église Saint-Jean de Carbini
Église Saint-Jean de Carbini
Église Saint-Jean de Carbini
Église Saint-Jean de Carbini
Crédit photo : François Collard - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
20170 Carbini, D59

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1800
1900
2000
XIIe siècle
Construction de l'église
1354
Excommunication des Giovannali
1886
Classement Monument historique
1983
Restauration de l'église
Fin XIXe siècle
Restauration du campanile
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par arrêté du 12 juillet 1886

Personnages clés

Innocent VI - Pape (1352–1362) Excommunia les Giovannali en 1354.
Prosper Mérimée - Écrivain et inspecteur des Monuments Initia le classement de l'église en 1886.
Paul et Henri d'Attala - Fondateurs des Giovannali Chefs de la secte au XIVe siècle.
Maestro Maternato - Architecte présumé Aurait construit église et clocher.

Origine et histoire de l'Église Saint-Jean

L'église romane San Giovanni de Carbini, datée du XIIe siècle, est considérée comme l'une des plus anciennes de Corse. De style pisan, elle faisait partie d'un ensemble cultuel incluant un campanile et un baptistère, dont seuls subsistent aujourd'hui l'église et le clocher partiellement reconstruit au XIXe siècle. Ses proportions élégantes et sa frise d'arcatures extérieures en font un exemple remarquable de l'art roman insulaire. Les fouilles ont révélé les fondations d'une église paléo-chrétienne voisine, San Quilico, aujourd'hui en ruines.

Au Moyen Âge, Carbini fut le berceau des Giovannali, une secte égalitariste déclarée hérétique en 1354 par le pape Innocent VI. Les Giovannali, inspirés par une interprétation radicale de l'Évangile de Jean, prônaient la mise en commun des biens et des femmes, et refusaient l'autorité seigneuriale. Selon les chroniques, leurs réunions nocturnes dans les églises dégénéraient en orgies. La secte fut exterminée par les Corses sur ordre pontifical, et le village, déserté, fut repeuplé par des familles de Sartène. L'église San Giovanni était réservée aux nobles, tandis que San Quilico servait aux Giovannali.

L'édifice fut classé Monument historique en 1886 grâce à l'intervention de Prosper Mérimée, qui en souligna la valeur patrimoniale. La restauration du campanile à la fin du XIXe siècle et celle de l'église en 1983 ont permis de préserver ses caractéristiques originales. Aujourd'hui, l'église abrite un mobilier religieux notable, dont une statue de saint Jean-Baptiste du XIXe siècle, et reste un témoignage clé de l'histoire médiévale et religieuse de la Corse.

Le site archéologique révèle aussi des traces d'occupation antique, mentionnées dès le IIe siècle par Ptolémée. La piève de Carbini, dont dépendait l'église, était autrefois l'une des plus étendues de l'île, s'étendant de Bavella à Figari. Le village, aujourd'hui classé en zone rurale dispersée, conserve un bâti traditionnel des XVIIe–XIXe siècles et appartient au Parc naturel régional de Corse, dans le territoire de l'Alta Rocca.

Liens externes

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