Origine et histoire de l'Église Saint-Jean
L’église Saint-Jean de Dijon trouve ses origines dans une basilique funéraire du VIe siècle, érigée sur un ancien baptistère abritant la sépulture de saint Urbain, sixième évêque de Langres. Ce site, proche de la nécropole de saint Bénigne, devint une église paroissiale au IXe siècle, puis une des sept églises majeures de Dijon au XIIe siècle. Des fouilles récentes (2024) ont révélé des sarcophages mérovingiens (VIe–VIIIe siècles) et des tombes d’enfants des XIe–XIIIe siècles, confirmant son rôle de nécropole jusqu’au XVIIIe siècle.
La reconstruction de l’édifice actuel, en style gothique flamboyant, fut entreprise entre 1448 et 1470 sous les ducs Philippe le Bon et Charles le Téméraire, à l’apogée du duché de Bourgogne. Consacrée en 1468 ou 1478, elle devint une collégiale sous l’évêque Guy Bernard. Les travaux se poursuivirent jusqu’au début du XVIe siècle (flèche et tours en 1497–1503). L’église, richement dotée, abritait les baptêmes de la paroisse et était liée aux traditions locales, comme les feux de la Saint-Jean allumés par Henri IV en 1595.
À la Révolution, l’église fut désaffectée, servant tour à tour de marché, d’entrepôt militaire et de halle de boucherie. En 1809, la destruction de son chevet, de ses flèches et de ses tourelles modifia profondément son apparence pour dégager la place Bossuet. Classée monument historique en 1862, elle retrouva un usage cultuel de 1866 à 1972, avant d’être convertie en théâtre municipal (Théâtre Dijon-Bourgogne) après des restaurations menées entre 1974 et 1978.
Architecturalement, l’église présente un plan en croix latine tronqué, une nef unique bordée de chapelles latérales et une charpente lambrissée en berceau brisé. Sa façade, typique du gothique flamboyant, intègre des baies à remplage et des escaliers en vis donnant accès aux tours. Les modifications des XVIIe–XVIIIe siècles, puis les démolitions du XIXe siècle, ont altéré sa structure d’origine, mais son classement en 1862 en a préservé l’essentiel.
Parmi les figures historiques liées à l’église, Jacques-Bénigne Bossuet (1627–1704), évêque et prédicateur célèbre, y fut baptisé, tout comme Bénigne Joly en 1744. L’édifice incarne ainsi à la fois le patrimoine religieux dijonnais et son évolution vers une vocation culturelle contemporaine.