Donation de Thierry Galeran 1176 (≈ 1176)
Thierry Galeran donne ses biens au vieux Corbeil aux Hospitaliers.
1184
Donation d'Alice de Bergeres
Donation d'Alice de Bergeres 1184 (≈ 1184)
Alice de Bergeres donne des terres pour une commanderie et une chapelle.
1223
Transformation en prieuré
Transformation en prieuré 1223 (≈ 1223)
La reine Ingeburge transforme la commanderie en prieuré et fait édifier l'église.
XIVe et XVe siècles
Difficultés financières
Difficultés financières XIVe et XVe siècles (≈ 1550)
Le prieuré subit des difficultés financières liées à la mortalité et aux abus de gestion.
XVIIe siècle
Rattachement à l'apanage
Rattachement à l'apanage XVIIe siècle (≈ 1750)
Le prieuré est rattaché à l'apanage du trésorier général de l'Ordre.
1793
Transformation en poudrerie
Transformation en poudrerie 1793 (≈ 1793)
Le prieuré est annexé à une poudrerie et la chapelle transformée en usine à charbon de bois.
2007
Classement historique
Classement historique 2007 (≈ 2007)
L'église Saint-Jean-en-l'Île est classée au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancienne église en totalité (cad. AN 10) : classement par arrêté du 18 janvier 2007
Personnages clés
Thierry Galeran
Donateur de ses biens au vieux Corbeil aux Hospitaliers.
Alice de Bergeres
Donatrice de terres pour une commanderie et une chapelle.
Ingeburge
Reine ayant transformé la commanderie en prieuré et fait édifier l'église.
Origine et histoire de l'Église Saint-Jean-de-l'Île
L'ancienne église Saint-Jean-de-l'Île, ou Saint-Jean-en-l'Isle, est la seule chapelle subsistant du prieuré hospitalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Corbeil-Essonnes. Les Hospitaliers s'installent sur l'île de Corbeil dans la seconde moitié du XIIe siècle et reçoivent dès cette époque de nombreuses donations : Thierry Galeran donne en 1176 ses biens au vieux Corbeil, Alice de Bergeres donne en 1184 des terres pour une commanderie et une chapelle, et d'autres donateurs apportent moulins, prés et rentes. En 1223 la reine Ingeburge transforme la commanderie en prieuré, confirme des dotations et fait édifier l'église ainsi que divers bâtiments ; une bulle pontificale confirme la fondation et fixe des obligations religieuses et une pension annuelle pour l'entretien. Le prieuré se compose alors d'un ensemble clos regroupant la chapelle au centre, le cloître et les habitations à gauche, la commanderie à droite et le palais du prieur en vis-à-vis, l'ensemble étant entouré de prairies riveraines étendues.
Aux XIVe et XVe siècles le prieuré subit des difficultés financières liées à la mortalité et aux abus de gestion ; pour y remédier on lui adjoint les revenus de plusieurs commanderies et il reçoit encore des donations destinées à y assurer des offices religieux. Au XVIIe siècle, des irrégularités dans l'administration entraînent la décision de rattacher le prieuré à l'apanage du trésorier général de l'Ordre, décision approuvée ultérieurement par les autorités ecclésiastiques et royales, et des enquêtes sont menées à la suite de plaintes concernant la détérioration des bâtiments et l'appropriation de terres. Des bâtiments datés de 1184-1185 ont disparu : de l'ensemble primitif il ne reste aujourd'hui que la chapelle Saint-Jean-en-l'Île.
La chapelle a un plan en croix latine, composé d'une nef unique, d'un transept et d'un chœur voûtés sur croisées d'ogives ; le chœur se termine par une abside à sept pans percée de grandes baies en lancette et l'architecture intérieure présente un décor sculpté appliqué aux éléments de support. Des descriptions de visites de la fin du XVe siècle et du milieu du XVe siècle signalent une église richement bâtie et décorée, dotée d'un beau clocher à deux cloches et d'ornements liturgiques notables. La chapelle a perdu sa flèche et son toit d'origine.
En 1793 le prieuré est annexé à une poudrerie et la chapelle transformée en usine à charbon de bois ; les autres bâtiments sont détruits et des explosions endommagent la chapelle, la poudrerie étant finalement fermée vers 1820 après des protestations locales. Par la suite la chapelle sert de lieu de stockage pour des balles de coton avant d'être restaurée et transformée en musée. L'église Saint-Jean-en-l'Île est classée au titre des monuments historiques en 2007 et elle accueille aujourd'hui des expositions temporaires.
Le prieuré possédait de nombreuses dépendances et terres : des vignes dans plusieurs clos, environ 200 arpents de terres arables en divers lieux, des centaines d'arpents de bois dans les forêts de Senard, de Rougeau et d'autres massifs, ainsi que la haute, moyenne et basse justice sur son domaine, des cens et rentes foncières sur des maisons et des droits de dîme. En 1783 les revenus du prieuré étaient évalués à 21 500 livres. Les commanderies de Savigny-le-Temple, Melun, Ozouer-le-Voulgis et plusieurs membres relevaient du prieuré hospitalier de Saint-Jean-en-l'Île.