Frise chronologique
1894-1904
Construction de l'église
Construction de l'église
1894-1904 (≈ 1899)
Première église en ciment armé, style art nouveau.
1901
Vitrail du chevet
Vitrail du chevet
1901 (≈ 1901)
Crucifixion par les frères Tournel.
15 mars 1966
Inscription MH partielle
Inscription MH partielle
15 mars 1966 (≈ 1966)
Protection initiale du monument.
2009-2010
Restauration de l'orgue
Restauration de l'orgue
2009-2010 (≈ 2010)
Travaux par Yves Fossaert, financés par Paris.
9 septembre 2014
Classement MH total
Classement MH total
9 septembre 2014 (≈ 2014)
Protection intégrale de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre-de-Montmartre : classement par certificat du 23 mai 1923
Personnages clés
| Anatole de Baudot - Architecte |
Concepteur de l'église en ciment armé. |
| Paul Cottancin - Ingénieur |
Inventeur du système de ciment armé utilisé. |
| Jac Galland - Maître-verrier |
Auteur des vitraux des Litanies de la Vierge. |
| Ernest-Pascal Blanchard - Dessinateur |
Cartons des vitraux art nouveau. |
| Pierre Roche - Sculpteur |
Bronzes et tympan de saint Jean. |
| Yves Fossaert - Facteur d'orgues |
Restauration de l'orgue en 2009-2010. |
Origine et histoire
L’église Saint-Jean de Montmartre, construite entre 1894 et 1904 par l’architecte Anatole de Baudot, répondait à la croissance démographique de Montmartre, où l’église Saint-Pierre ne suffisait plus. Innovante, elle utilise le ciment armé, un procédé pionnier développé avec l’ingénieur Paul Cottancin, permettant des murs et piliers ultra-minces. Ce choix technique, contesté pour sa non-conformité aux règles d’urbanisme, faillit entraîner sa démolition. Baudot et le curé Sobeaux démontrèrent sa solidité en reconstituant des éléments structurels dans le jardin de l’église, évitant ainsi sa destruction. Les travaux reprirent en 1902 pour s’achever en 1904.
L’église marie modernité et tradition : sa structure en béton armé (précurseur du béton armé) est habillée de briques et céramiques (grès flammés, pastillés) dans un style art nouveau. À l’intérieur, les voûtes rappellent les nervures gothiques, tandis que les fresques, vitraux (dont 48 illustrant les Litanies de la Vierge), et sculptures (comme le tympan de Pierre Roche) ornent l’espace. Les vitraux, signés Jac Galland d’après des dessins d’Ernest-Pascal Blanchard, et l’orgue Cavaillé-Coll (transféré en 1910) soulignent son patrimoine artistique. Classée monument historique en 2014, elle incarne une transition architecturale entre le XIXe et XXe siècles.
L’orgue, construit par Cavaillé-Coll en 1875 pour Lyon, fut installé ici en 1910 et agrandi à plusieurs reprises (1921, 1931, 1934). Devenu injouable en 2009, il fut restauré entre 2009 et 2010 par Yves Fossaert, financé par la Ville de Paris. L’église abrite aussi une cuve baptismale créée en 2007 par le sculpteur Goudji, mêlant pierre, fer forgé et argent. Son histoire reflète les défis techniques et artistiques de son époque, entre innovation matérielle et héritage religieux.
La façade, ornée de céramiques d’Alexandre Bigot, et les fresques restaurées en 1964 par Jordi Bonàs, complètent ce patrimoine. L’édifice, accessible par la station de métro Abbesses, reste un témoignage unique de l’Art nouveau religieux et de l’audace constructive du début du XXe siècle. Son classement en 2014 consacre son importance historique et architecturale, entre héritage médiéval revisité et avant-garde technique.