Frise chronologique
Seconde moitié du XIe siècle
Transept et chevet
Transept et chevet
Seconde moitié du XIe siècle (≈ 1175)
Ajout du transept et des absides semi-circulaires.
1177
Mention comme école
Mention comme école
1177 (≈ 1177)
L’église citée dans un contexte éducatif médiéval.
Fin XIe - Début XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Fin XIe - Début XIIe siècle (≈ 1225)
Édifice carolingien remanié, murs en *opus spicatum*.
XIIe siècle
Reconstruction du portail et nef
Reconstruction du portail et nef
XIIe siècle (≈ 1250)
Portail roman sculpté et agrandissement de la nef.
1576
Chapelle sainte Anne
Chapelle sainte Anne
1576 (≈ 1576)
Construction par André de Ferrand, seigneur local.
4e quart XVIe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher
4e quart XVIe siècle (≈ 1687)
Clocher en moellons, reconstruit en 1791.
1793
Temple de la Raison
Temple de la Raison
1793 (≈ 1793)
Transformation pendant la Révolution française.
1802
Retour au culte catholique
Retour au culte catholique
1802 (≈ 1802)
Rétrocession après la période révolutionnaire.
1927
Inscription MH
Inscription MH
1927 (≈ 1927)
Classement aux monuments historiques le 26 décembre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 26 décembre 1927
Personnages clés
| André de Ferrand - Seigneur de Cocumont |
Commanditaire de la chapelle sainte Anne (1576). |
Origine et histoire
L'église Saint-Jean de Vidailhac, aussi appelée Église-Vieille, est un édifice catholique situé à Cocumont, dans le département de Lot-et-Garonne. Ses origines remontent à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle, avec des vestiges carolingiens visibles dans ses murs en opus spicatum (galets en arête de poisson). L’édifice initial, construit avec des remplois d’appareils antiques, comportait trois nefs, dont il ne subsiste aujourd’hui qu’un seul vaisseau. Le transept et le chevet, bâtis dans la seconde moitié du XIe siècle, furent remaniés au XIIe siècle, période à laquelle le portail roman orné de chapiteaux sculptés fut également érigé.
Au XVe siècle, une chapelle dédiée à sainte Anne fut ajoutée sur la façade sud, probablement commanditée par André de Ferrand, seigneur de Cocumont, en 1576. Cette chapelle se distingue par sa voûte d’ogives à liernes et tiercerons, caractéristique du gothique flamboyant. Le clocher, initialement construit en moellons à la fin du XVIe siècle, fut reconstruit en 1791 après avoir servi de Temple de la Raison pendant la Révolution (1793). L’église, inscrite aux monuments historiques en 1927, a subi plusieurs campagnes de restauration, notamment en 1823, 1845 et partiellement en 1988.
L’édifice conserve des éléments remarquables comme les trois absides voûtées en cul-de-four, une arcature à colonnettes dans le sanctuaire, et des tombes carolingiennes dans l’ancien cimetière. Initialement liée à l’abbaye de Conques, l’église fut mentionnée comme école en 1177, reflétant son rôle central dans la vie religieuse et communautaire médiévale. Son portail roman, composé de trois arcades en plein cintre moulurées, reste l’un des témoignages les plus aboutis de l’art roman en Agenais.
Architecturalement, l’église illustre la transition entre les périodes romane et gothique, avec des murs romans en grand appareil contrastant avec les ajouts tardifs en moellons. La nef, autrefois voûtée, est aujourd’hui lambrissée, tandis que les absidioles et la chapelle du XVe siècle ont conservé leurs voûtes d’origine. Le clocher actuel, coiffé d’un toit en pavillon, domine l’édifice et marque l’évolution des techniques constructives locales.
Le site, propriété de la commune de Cocumont, témoigne de près d’un millénaire d’histoire religieuse et architecturale. Son inscription au titre des monuments historiques en 1927 souligne sa valeur patrimoniale, tandis que les restaurations successives ont permis de préserver ses caractéristiques médiévales et modernes. L’église reste un exemple significatif du patrimoine roman et gothique de la Nouvelle-Aquitaine, ancré dans le paysage historique de l’Agenais.