Consécration de l'église 1025 (≈ 1025)
Par l’évêque d’Elne, première mention officielle.
1102
Établissement du chapitre
Établissement du chapitre 1102 (≈ 1102)
Création d’un chapitre de chanoines.
XIIIe siècle (début)
Ajout des collatéraux
Ajout des collatéraux XIIIe siècle (début) (≈ 1315)
Agrandissement pour accueillir plus de fidèles.
1321
Début de la cathédrale gothique
Début de la cathédrale gothique 1321 (≈ 1321)
Construction au sud de l’édifice roman.
1601
Siège épiscopal transféré
Siège épiscopal transféré 1601 (≈ 1601)
La nouvelle église devient cathédrale diocésaine.
années 1970
Début de la restauration
Début de la restauration années 1970 (≈ 1970)
Démantèlement de l’usine et fouilles archéologiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte, clocher et nef méridionale : classement par liste de 1840 ; Eglise, sauf parties déjà classées : inscription par arrêté du 21 juin 1956
Personnages clés
Raymond de Bianya - Sculpteur
Auteur présumé du portail méridional.
Antoine Peytavi - Peintre-sculpteur (XVIe s.)
Installa un vitrail en 1577.
Origine et histoire de l'Église Saint-Jean le Vieux
L’église Saint-Jean le Vieux de Perpignan, édifice roman des XIe-XIIIe siècles, fut initialement construite comme collégiale avant d’être supplantée au XIVe siècle par la cathédrale gothique Saint-Jean-Baptiste. Son origine remonte peut-être au IXe ou Xe siècle, liée à la résidence des comtes du Roussillon, dont il ne subsiste presque aucune trace aujourd’hui. L’église actuelle fut consacrée en 1025 par l’évêque d’Elne, puis agrandie au XIIe siècle avec un chevet à trois absides et un transept, tandis qu’un chapitre de chanoines y fut établi en 1102.
Au XIIIe siècle, deux collatéraux furent ajoutés pour répondre à l’affluence croissante, avant que l’édifice ne soit éclipsé par la construction de la cathédrale gothique à partir de 1321. Au XVIIIe siècle, le chevet roman perdit son absidiole gauche et une partie de son abside centrale. Transformée en usine électrique à la fin du XIXe siècle, l’église subissait alors d’importantes dégradations. Sa restauration débuta dans les années 1970, accompagnée de fouilles archéologiques.
Le portail méridional en marbre blanc, daté du XIIIe siècle, est attribué au sculpteur Raymond de Bianya, connu pour ses œuvres au cloître d’Elne. Ce portail se distingue par sa composition originale, avec un tympan divisé en deux arcs séparés par une clef pendante sculptée d’un Christ trônant. Aujourd’hui, seul le croisillon gauche (Notre-Dame dels Correchs) est accessible depuis la cathédrale, tandis que le clocher roman, partiellement médiéval, fut surélevé en brique à la fin du XVIIIe siècle.
Classée partiellement dès 1840 (porte, clocher, nef méridionale) et inscrite en 1956, l’église illustre les transitions architecturales entre roman et gothique en Roussillon. Son histoire reflète aussi les bouleversements politiques et religieux de la région, marquée par l’éphémère royaume de Majorque et la réorganisation diocésaine au XVIIe siècle.
Les campagnes de construction successives (XIe, XIIe, XIIIe siècles) révèlent une adaptation constante aux besoins liturgiques et communautaires. Les vestiges conservés, comme l’absidiole sud ou les chapiteaux sculptés, témoignent de l’importance artistique et spirituelle de ce lieu, malgré les altérations subies au fil des siècles.