Reconstruction partielle du chœur 1740 (≈ 1740)
Travaux par Gilles Gourdel
XVIIe siècle
Ajout de la sacristie
Ajout de la sacristie XVIIe siècle (≈ 1750)
Armes bûchées des seigneurs Grignart
1924
Désaffectation
Désaffectation 1924 (≈ 1924)
Déplacement du bourg vers Champ Bossard
10 novembre 1925
Inscription MH partielle
Inscription MH partielle 10 novembre 1925 (≈ 1925)
Protection de la porte d'entrée
vers 2000
Incendie dévastateur
Incendie dévastateur vers 2000 (≈ 2000)
Perte de la toiture
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte d'entrée (cad. B 263) : inscription par arrêté du 10 novembre 1925
Personnages clés
Gilles Gourdel - Entrepreneur
Reconstruit partiellement le chœur en 1740
Seigneurs de Champsavoy (famille Grignart) - Seigneurs locaux
Armes bûchées sur la sacristie
Origine et histoire de l'Église Saint-Judoce
L'église Saint-Judoce, située dans le bourg de Saint-Judoce (Côtes-d'Armor), est un édifice religieux dont les origines remontent au milieu du XIIe siècle. Mentionnée dans une charte de donation au prieuré de Léhon sous l'évêché de Dol, elle conserve quelques vestiges romans comme une baie murée dans le pignon ouest. Son plan en croix latine irrégulière et son clocheton à jour, surmonté d'une croix percée, témoignent de reconstructions majeures au XIVe siècle.
La façade ouest et le chevet, renforcés par des contreforts à glacis, mêlent granite, schiste local et calcaire coquillier. Le portail roman porte une inscription énigmatique : « Dieu pardonne à Ville Es Mieres », reprise sur une porte sud de la nef (fin XVe siècle) sous la forme « DIEX PARDOINT A VILLECMER », liée à une fondation expiatoire. Une sacristie à étage, ajoutée au XVIIe siècle, arbore des armes bûchées attribuées aux seigneurs de Champsavoy (famille Grignart).
Partiellement reconstruite en 1740 par l'entrepreneur Gilles Gourdel, l'église est désaffectée en 1924 après le déplacement du bourg vers le Champ Bossard. Une nouvelle église la remplace, tandis que l'ancienne, vendue avec son presbytère, subit un incendie dévastateur vers 2000, la privant de sa toiture. Seul son portail roman, inscrit aux Monuments Historiques depuis 1925, reste protégé.
Les matériaux utilisés — schiste local, granite de Languédias, briques en remploi — reflètent les ressources régionales. L'édifice illustre l'évolution architecturale bretonne, des origines romanes aux ajouts gothiques et classiques, tout en portant les traces de fondations pieuses et de recompositions communautaires.
Aujourd'hui à l'abandon, l'église Saint-Judoce conserve une valeur patrimoniale malgré son état. Son histoire croisée avec celle du prieuré de Léhon et de l'évêché de Dol en fait un témoin des dynamiques religieuses et seigneuriales de la Bretagne médiévale et moderne.