Frise chronologique
1106
Première mention
Première mention
1106 (≈ 1106)
Charte de l’abbaye de Cluny
vers 1145
Sculpture du tympan
Sculpture du tympan
vers 1145 (≈ 1145)
Christ en majesté et anges
1860
Fusion communale
Fusion communale
1860 (≈ 1860)
Saint-Julien-de-Cray et Jonzy
1861-1865
Reconstruction néo-gothique
Reconstruction néo-gothique
1861-1865 (≈ 1863)
Conservation clocher et portail
22 janvier 1910
Classement MH
Classement MH
22 janvier 1910 (≈ 1910)
Portail et clocher protégés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail et le clocher : classement par arrêté du 22 janvier 1910
Personnages clés
| Julien de Brioude - Saint patron |
Représenté sur un vitrail |
| M. Berthier - Architecte |
Reconstruction de 1865 |
| Kingsley Porter - Historien de l’art |
Analyse du tympan (1145) |
Origine et histoire
L'église Saint-Julien-de-Brioude de Saint-Julien-de-Jonzy, située en Saône-et-Loire, est un édifice paroissial construit au cours de la deuxième moitié du XIIe siècle, sous l’influence de l’abbaye de Cluny. Elle est mentionnée dès 1106 dans une charte de Cluny, alors rattachée au diocèse de Mâcon et à l’archiprêtré de Beaujeu. Son nom originel, « Saint-Julien-de-Cray », reflète son appartenance à une paroisse distincte de Jonzy avant leur fusion en 1860. Le saint patron, Julien de Brioude, figure sur un vitrail du chœur.
Le monument conserve deux éléments romans majeurs : son clocher quadrangulaire à baies géminées et son portail sculpté, classé monument historique en 1910. Le tympan, daté vers 1145, représente le Christ en majesté entouré d’anges, tandis que le linteau illustre la Cène (détériorée pendant la Révolution). Ces sculptures, jugées « parmi les plus remarquables de Bourgogne » par des experts comme Kingsley Porter, témoignent d’un art roman raffiné, proche des ateliers clunisiens. Le reste de l’église, reconstruit en 1865 par l’architecte Berthier, adopte un style néo-gothique.
L’intérieur, entièrement remanié au XIXe siècle, comprend une nef à cinq travées, un transept et une abside semi-circulaire. La chaire à prêcher, ornée de panneaux sculptés représentant les quatre évangélistes, et les boiseries du chœur datent de cette période. Le site, dominant les collines du Brionnais, offre un panorama jusqu’au viaduc de Mussy-sous-Dun. L’église, toujours paroissiale, symbolise l’héritage clunisien dans cette région rurale marquée par l’agriculture et les chemins de pèlerinage.
Sous l’Ancien Régime, la paroisse dépendait du bailliage de Semur-en-Brionnais, une zone sous influence à la fois ecclésiastique (Cluny) et seigneuriale. La fusion de 1860 avec Jonzy reflète les réformes administratives du Second Empire, tandis que les modifications de 1861-1865 s’inscrivent dans un mouvement national de restauration des églises, souvent financé par les communes. Aujourd’hui, l’édifice reste un témoignage de l’art roman bourguignon et de l’histoire locale, entre patrimoine religieux et mémoire collective.