Frise chronologique
1634-1644
Guerre de Dix Ans
Guerre de Dix Ans
1634-1644 (≈ 1639)
Dévastation de la Franche-Comté pendant la guerre.
1741
Demande de reconstruction
Demande de reconstruction
1741 (≈ 1741)
État de ruine constaté par François Ducy.
4 septembre 1751
Adjudication des travaux
Adjudication des travaux
4 septembre 1751 (≈ 1751)
Début officiel du chantier par Cornibert.
1753-1755
Réalisation du mobilier
Réalisation du mobilier
1753-1755 (≈ 1754)
Retables et stucs par Jacques-François Marca.
1873
Remplacement du toit
Remplacement du toit
1873 (≈ 1873)
Flèche en ardoise remplace le toit impérial.
1988
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1988 (≈ 1988)
Inscription officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise à l'exception de la sacristie reconstruite et du local de chaufferie (cad. AB 71) : inscription par arrêté du 3 juin 1988
Personnages clés
| Jean-Pierre Galezot - Architecte |
Auteur du premier devis (1741). |
| Jean-Joseph Galezot - Architecte et maître d’œuvre |
Supervise les travaux après 1742. |
| Jacques-François Marca - Stucateur |
Réalise retables et décors (1753-1755). |
| Antoine-Pierre II de Grammont - Archevêque de Besançon |
Interdit les offices en 1741. |
| Jean-Charles Colombot - Architecte expert |
Réceptionne les travaux en 1762. |
| Anatole Amoudru - Architecte |
Dirige des travaux en 1786. |
Origine et histoire
L’église Saint-Julien de Fretigney-et-Velloreille, située en Haute-Saône, est un édifice religieux construit au 3e quart du XVIIIe siècle (1751-1762), remplaçant une ancienne église menacée de ruine. Son histoire est liée aux conséquences dévastatrices de la guerre de Dix Ans (1634-1644), épisode franc-comtois de la guerre de Trente Ans, qui avait laissé la région exsangue. Le rattachement de la Franche-Comté à la France en 1678 (traité de Nimègue) et la réorganisation des Eaux et Forêts par Colbert en 1669 permirent une gestion plus structurée des ressources, dont les bois nécessaires à la reconstruction.
En 1741, les habitants de Frétigney demandent au Conseil d’État l’autorisation de vendre du bois pour financer les réparations de l’église, jugée en état de ruine imminente par l’architecte François Ducy. L’archevêque de Besançon, Antoine-Pierre II de Grammont, avait déjà interdit les offices en raison des risques. Le projet initial, confié à l’architecte Jean-Pierre Galezot (décédé en 1742), fut repris par son frère Jean-Joseph Galezot, qui supervise les travaux adjugés en 1751 à l’entrepreneur Charles-François Cornibert. Les pierres furent extraites d’une carrière locale, et le gros œuvre fut achevé en 1753.
L’église adopte un plan en croix latine avec une nef unique, deux chapelles latérales, un transept et un chœur à abside tripartite. Le clocher-porche, coiffé d’un toit à l’impériale (remplacé en 1873 par une flèche en ardoise), et la coupole octogonale sur pendentifs sont des éléments remarquables. Le mobilier, dont les retables en stuc et les décors de la coupole, fut réalisé entre 1753 et 1755 par Jacques-François Marca. Des réparations majeures eurent lieu en 1775-1776 (toiture du clocher par le ferblantier Jean-François Billet) et en 1786 (travaux divers dirigés par l’architecte Anatole Amoudru).
Classée Monument Historique en 1988, l’église bénéficia de restaurations entre 1991 et 2005. Son architecture et son mobilier en stuc polychrome, étudiés par Liliane Hamelin et Mickaël Zito (2020), témoignent de l’art de bâtir en Franche-Comté au siècle des Lumières, mêlant influences locales et techniques innovantes pour l’époque.