Origine et histoire de l'Église Saint-Julien
L’église Saint-Julien de Tournon-sur-Rhône trouve ses origines au XIe siècle, où une première église romane occupait déjà l’emplacement. L’édifice actuel, construit à partir de 1300, fut érigé en collégiale en 1316 par Guillaume, évêque de Valence et de Die, avec sept chanoines symbolisant les dons du Saint-Esprit. Son architecture basilicale, à trois nefs et clocher latéral, en fait l’une des plus grandes églises du nord de l’Ardèche, aux côtés de Notre-Dame d’Annonay et de la basilique de Lalouvesc.
Au fil des siècles, l’église connut des bouleversements majeurs : elle servit de temple protestant pendant les guerres de Religion (1563–1579), puis fut transformée en « temple de l’Être-suprême » en 1794 sous la Révolution. Au XIXe siècle, des projets de reconstruction avortèrent, mais des restaurations profondes eurent lieu en 1963–1964. Classée partiellement dès 1922 (chapelle des Pénitents, sacristie), puis en 1965 (chœur peint), elle fut entièrement inscrite en 2016, incluant son clocher et sa parcelle.
Le monument abrite un mobilier exceptionnel, dont un orgue de 1685 classé, des statues des XVIIe–XIXe siècles (comme saint Jean-François Régis ou la Vierge de Montaigu), et des tableaux des XVIe–XVIIIe siècles (écoles florentine, lyonnaise). Son histoire récente est marquée par des célébrations comme les 700 ans de la collégiale en 2016 et son rôle culturel actuel, avec des concerts (festival Vochora) et des expositions.
Saint Julien de Brioude, soldat romain martyrisé au IIIe siècle, est le patron de l’église. Parmi les éléments remarquables figurent aussi une croix sculptée par le père Gabriel Longueville (assassiné en Argentine en 1976), et des vitraux des XIXe–XXe siècles, dont une verrière dédiée à la Trinité. L’édifice, propriété communale, reste un lieu de culte actif et un symbole du patrimoine ardéchois.
Les cloche de l’église, comme Marie Sauveterre (1637) ou Jeanne Antoinette Marie (1934), témoignent de son ancrage dans la vie locale. La dévotion à Notre-Dame de Montaigu, initiée en 1658 après une épidémie de peste, perdure encore aujourd’hui avec une procession annuelle. L’organisation paroissiale a évolué, passant d’une équipe presbytérale (1994–2003) à une paroisse fusionnée, « Saint-Luc des Coteaux et de Tournon ».