Origine et histoire de l'Église Saint-Julien
L'église Saint-Julien de Tours, située dans le Vieux-Tours, est l'abbatiale d'une ancienne abbaye bénédictine fondée au VIe siècle par Grégoire de Tours. L'édifice actuel, majoritairement du XIIIe siècle, conserve des traces de reconstructions successives après des destructions normandes (853), des conflits féodaux (1044), et un ouragan en 1224. Son architecture mêle styles roman (clocher-porche du XIe siècle) et gothique (nef, transept et chœur reconstruits entre 1243 et 1259).
À la Révolution, l'église est vendue comme bien national et transformée en écurie, puis en dépôt de diligences. Classée monument historique dès 1840, elle est rachetée par l'État en 1846 grâce à l'intervention de Prosper Mérimée. Restaurée par Gustave Guérin, elle subit des dégâts majeurs lors des bombardements de 1940 et 1944, nécessitant une nouvelle campagne de travaux post-Seconde Guerre mondiale. Les vitraux contemporains, signés Max Ingrand et Jacques Le Chevallier, remplacent ceux détruits pendant le conflit.
L'abbaye, dont il ne reste que des vestiges comme la tour carrée du VIe siècle, abritait autrefois un cloître, des celliers (aujourd’hui Musée des Vins de Touraine), et une bibliothèque. Le dortoir des moines accueille désormais le Musée du Compagnonnage. Le square Prosper-Mérimée, adjacent, occupe l’emplacement des anciens bâtiments conventuels détruits. L’église, miraculeusement épargnée en 1944, reste un symbole de résilience du patrimoine tourangeau.
Le clocher-porche, haut de 25 mètres, date du XIe siècle et conserve des bas-reliefs du XIXe siècle, ajoutés lors des restaurations. La nef, large de 10 mètres et haute de 21 mètres, est flanquée de collatéraux simples, tandis que le chœur, large de 30 mètres, se termine par un chevet plat atypique. Deux absidioles, ajoutées vers 1300 et reconstruites au XVIe siècle, complètent l’édifice. L’église, toujours en activité cultuelle, a rouvert intégralement en 2011 après des travaux de sécurité.
Les bombardements de 1940 et 1944 ont dévasté le centre-ville de Tours, mais Saint-Julien, bien que endommagée, a pu être restaurée. Les projets urbains des XVIIe et XVIIIe siècles, comme le percement de la rue Royale (actuelle rue Nationale), avaient déjà modifié son environnement. Aujourd’hui, l’église, entourée par la place Anatole-France et le square Prosper-Mérimée, fait l’objet de projets de mise en valeur, dont un parvis harmonisé avec la restructuration urbaine.