Frise chronologique
507
Fondation de l’oratoire Notre-Dame
Fondation de l’oratoire Notre-Dame
507 (≈ 507)
Érigé par Clovis après Vouillé.
575
Création de l’abbaye bénédictine
Création de l’abbaye bénédictine
575 (≈ 575)
Par Grégoire de Tours, reliques saint Julien.
VIe siècle
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
VIe siècle (≈ 650)
Création par Grégoire de Tours.
853
Destruction normande
Destruction normande
853 (≈ 853)
Abbaye ravagée, reconstruite au Xe siècle.
943
Consécration église carolingienne
Consécration église carolingienne
943 (≈ 943)
Sous Théotolon et Odon de Cluny.
1084
Consécration de l'église romane
Consécration de l'église romane
1084 (≈ 1084)
Reconstruction après conflits féodaux.
1224
Effondrement de la nef
Effondrement de la nef
1224 (≈ 1224)
Causé par un ouragan.
1243-1259
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
1243-1259 (≈ 1251)
Nef, transept et chœur actuels.
1540
Abbés commendataires
Abbés commendataires
1540 (≈ 1540)
Déclin de la discipline bénédictine.
1789
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789 (≈ 1789)
Transformée en écurie et remise.
1790
Dispersion des moines
Dispersion des moines
1790 (≈ 1790)
Vente comme bien national en 1798.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des MH français.
1846
Rachat par l'État
Rachat par l'État
1846 (≈ 1846)
Intervention de Prosper Mérimée.
1940
Bombardements Seconde Guerre
Bombardements Seconde Guerre
1940 (≈ 1940)
Dégâts majeurs (clocher, nef).
1940-1944
Bombardements de Tours
Bombardements de Tours
1940-1944 (≈ 1942)
Dégâts réparés après-guerre.
1960
Début des restaurations modernes
Début des restaurations modernes
1960 (≈ 1960)
Sous Bernard Vitry.
2011
Réouverture intégrale
Réouverture intégrale
2011 (≈ 2011)
Après travaux de sécurité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancienne salle capitulaire (cad. DY 3, 222, 248) : classement par arrêté du 1er mai 1923 ; Façades et toitures du bâtiment formant le côté Est de la cour du cloître et contenant la salle capitulaire (déjà classée) (cad. DY 3, 222, 248) : inscription par arrêté du 28 octobre 1940 ; Sol de la cour du cloître et dortoir (intérieur et extérieur) (cad. DY 3, 222, 248) : classement par arrêté du 17 septembre 1947 ; Celliers voûtés (cad. DY 3, 222, 248) : classement par décret du 10 mai 1948
Personnages clés
| Clovis Ier - Roi des Francs |
Fonda l’oratoire Notre-Dame (507). |
| Grégoire de Tours - Fondateur de l'abbaye |
Créa l'abbaye au VIe siècle. |
| Théotolon - Archevêque de Tours (931–947) |
Reconstruit l’abbaye, introduisit Cluny. |
| Odon de Cluny - Premier abbé de Saint-Julien |
Ami de Théotolon, mort en 943. |
| Gerbert (ou Gilbert) - Abbé (XIe siècle) |
Rebâtit l’église romane (consacrée 1084). |
| Prosper Mérimée - Écrivain et inspecteur des MH |
Permet le rachat par l'État (1846). |
| Bernard Vitry - Architecte en chef |
Dirigea restaurations post-1960. |
| Geoffroy III d'Anjou - Comte de Tours |
Conflit endommageant l'église (1044). |
| Raoul Ier de Langeais - Archevêque de Tours |
Consacre l'église en 1084. |
| Gustave Guérin - Architecte diocésain |
Restaure l'église au XIXe siècle. |
| Max Ingrand - Artiste verrier |
Crée des vitraux après 1945. |
| Jacques Le Chevallier - Artiste verrier |
Vitraux du chœur post-Seconde Guerre. |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Julien de Tours trouve ses origines au début du VIe siècle, lorsque Clovis Ier, après sa victoire à Vouillé en 507, fit ériger un oratoire dédié à Notre-Dame entre la cathédrale et la basilique Saint-Martin. Ce lieu de prière, situé sur un ancien chemin longeant la Loire, devint un pôle d’attraction pour des moines venants d’Auvergne. Vers 575, Grégoire de Tours y installa une communauté bénédictine en y déposant des reliques de saint Julien, donnant naissance à l’abbaye.
Au IXe siècle, l’abbaye fut détruite par les raids normands (853), puis reconstruite sous l’impulsion de l’archevêque Théotolon au Xe siècle. Ce dernier y établit la règle de saint Benoît, fit bâtir une première église abbatiale (consacrée en 943) et y attira des moines clunisiens. Les siècles suivants virent l’abbaye s’enrichir de terres agricoles et de privilèges, comme l’exemption fiscale, tout en subissant des conflits internes et des dégâts collatéraux, comme lors du siège de Tours par Geoffroy Martel en 1043.
La reconstruction majeure de l’abbatiale intervint au XIe siècle sous l’abbé Gerbert, dans un style roman, avec un clocher-porche caractéristique. Le XIIe siècle marqua l’apogée de Saint-Julien, qui étendit son influence en Touraine et fonda des prieurés affiliés. Cependant, une tempête en 1224 détruisit la nef, entraînant sa reconstruction en style gothique (1243–1259). L’abbaye devint alors un complexe monumental délimité par les rues Colbert, Voltaire et les bords de Loire, jouant un rôle clé dans l’urbanisation de Tours.
À partir du XIVe siècle, l’abbaye entra en déclin : le nombre de moines diminua, et les abbés commendataires (à partir de 1540) négligèrent la discipline bénédictine. Les guerres de Religion et la Révolution française accélérèrent sa décadence. En 1790, les moines furent dispersés, et les bâtiments vendus comme biens nationaux en 1798–1799. L’église, transformée en relais de poste en 1816, fut sauvée in extremis par son classement aux Monuments Historiques en 1840, puis restaurée au XIXe siècle.
Les destructions de la Seconde Guerre mondiale (1940 et 1944) endommagèrent gravement le clocher, la nef et les bâtiments monastiques. Depuis 1960, des campagnes de restauration ont permis de préserver l’église, la salle capitulaire (devenue salle d’expositions), les celliers (abritant le Musée des vins de Touraine) et le dortoir des clercs (Musée du Compagnonnage). Aujourd’hui, l’abbaye Saint-Julien, bien que partiellement disparue, reste un témoignage exceptionnel du patrimoine religieux tourangeau, des origines mérovingiennes à l’architecture gothique.