Frise chronologique
1351
Première mention historique
Première mention historique
1351 (≈ 1351)
Preuve documentaire de l'existence de l'église.
octobre-novembre 1355
Passage du Prince Noir
Passage du Prince Noir
octobre-novembre 1355 (≈ 1355)
Pillage du Languedoc lors de sa chevauchée.
1361
Fondation du couvent des Clarisses
Fondation du couvent des Clarisses
1361 (≈ 1361)
Lien avec la clef de voûte sculptée de sainte Claire.
XIVe siècle (1ère moitié)
Construction de l'église
Construction de l'église
XIVe siècle (1ère moitié) (≈ 1450)
Édification probable avant 1351, première mention écrite.
11 décembre 1912
Classement monument historique
Classement monument historique
11 décembre 1912 (≈ 1912)
Protection officielle de l'édifice par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 11 décembre 1912
Personnages clés
| Saint Julien l'Hospitalier - Saint patron de l'église |
Martyr syrien (313), connu pour sa charité. |
| Sainte Basilisse - Sainte patronne de l'église |
Originaire de Syrie, associée à Julien. |
| Prince Noir - Chef militaire anglais |
Pilla le Languedoc en 1355. |
| Sainte Claire - Figure représentée en clef de voûte |
Lien avec le couvent des Clarisses (1361). |
Origine et histoire
L'église Saint-Julien-et-Sainte-Basilisse d'Azille, située dans le département de l'Aude en région Occitanie, fut construite au XIVe siècle, probablement dans sa première moitié. La première mention écrite de l'édifice remonte à 1351, ce qui en fait une construction récente lors du passage destructeur du Prince Noir en 1355, lors de sa chevauchée en Languedoc. Son architecture gothique languedocienne, typique de la région, se distingue par sa sobriété et sa robustesse, avec des murs en pierre de grès locale et des contreforts massifs.
L'édifice se caractérise par un clocher carré de grande hauteur, situé à l'ouest, et une nef unique de 18 mètres de long, flanquée de chapelles latérales intégrées entre les contreforts. Un porche du XVe siècle, orienté au sud pour protéger l'entrée du vent du nord (cers), complète l'ensemble. À l'intérieur, la nef comporte trois travées voûtées d'ogives, tandis que le chevet, plus étroit, est constitué d'une travée droite et d'une abside à sept pans, tous deux voûtés. La clef de voûte de l'abside, sculptée de sainte Claire, suggère une reconstruction postérieure à 1361, année de la fondation du couvent des Clarisses voisin.
Le mobilier de l'église, majoritairement du XVIIIe siècle, inclut des éléments remarquables comme une statue polychrome de la Vierge à l'Enfant du XIVe siècle, des fonts baptismaux en marbre de Caunes, et des fresques de Pauthe datant de 1874. Parmi les pièces les plus anciennes figurent une croix de procession et une peinture de 1688 représentant une Descente de la Croix. L'église abritait également une statue du Christ en fer forgé, initialement placée sur la place de la Mission, ancienne terre du monastère des Clarisses.
Historiquement, Azille comptait deux églises paroissiales jusqu'en 1790 : Saint-Julien-et-Sainte-Basilisse et Saint-André (XIe siècle). La première, plus récente et plus grande, desservait les deux tiers de la population en 1709, avec un curé, un archiprêtre et deux vicaires. Classée monument historique en 1912, elle témoigne de l'évolution architecturale et religieuse du Languedoc médiéval, marquée par des influences syriennes via le culte de ses saints patrons, Julien l'Hospitalier (martyr en 313) et Basilisse, dont la dévotion s'est répandue tôt en Occident.
Les saints patrons de l'église, Julien et Basilisse, originaires de Syrie, vécurent aux IIIe et IVe siècles. Julien, surnommé l'hospitalier pour sa charité, fut martyrisé en 313. Leur culte, popularisé en Europe, explique la dédicace de cette église, qui survécut aux pillages et aux bouleversements politiques, comme la Révolution française. Aujourd'hui, l'édifice reste un exemple préservé du gothique méridional, avec des modénatures évolutives (ogives effilées, chapiteaux feuillagés) et un plan initial incluant les chapelles latérales, construit d'est en ouest.