Frise chronologique
Fin XIe - Début XIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
Fin XIe - Début XIIe siècle (≈ 1225)
Transition art roman primitif et classique
1312
Acquisition par les Hospitaliers
Acquisition par les Hospitaliers
1312 (≈ 1312)
Passage sous l'ordre de Saint-Jean
1435
Mariage de Marguerite de Trians
Mariage de Marguerite de Trians
1435 (≈ 1435)
Seigneurie aux Castellane-Salernes
1726 et 1782
Fonte des cloches
Fonte des cloches
1726 et 1782 (≈ 1782)
Témoins de l’Ancien Régime
23 février 1925
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
23 février 1925 (≈ 1925)
Protection du patrimoine national
1929
Transfert du centre administratif
Transfert du centre administratif
1929 (≈ 1929)
Déplacement à Saint-Pierre
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 23 février 1925
Personnages clés
| Laure de Saint-Julien - Seigneuresse (XIIe siècle) |
Première dame connue, épouse de Guillaume le Gros |
| Folquet de Marseille - Troubadour |
A chanté sa beauté dans ses poèmes |
| Arnaud de Trian - Comte d’Alife (XIVe s.) |
Acquiert la seigneurie en 1322 |
| Marguerite de Trians - Héritière (XVe s.) |
Épouse Georges de Castellane en 1435 |
Origine et histoire
L’église paroissiale Saint-Julien-et-Sainte-Trinité de Saint-Julien, construite entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle, incarne la transition entre l’art roman primitif et classique. Son architecture se distingue par une nef centrale élevée, flquée de deux bas-côtés dissymétriques : celui du nord, voûté d’ogives au XVIe siècle, et celui du sud, contemporain de l’édifice, couvert d’un berceau. Un faux transept, formé par la travée du chœur et les dernières travées des collatéraux, précède une abside en cul-de-four encadrée d’absidioles. Le chœur, éclairé par une lanterne carrée, abrite un maître-autel en bois doré du XVIIe siècle et une poutre de gloire bien conservée. Les cloches, datées de 1726 et 1782, témoignent de son usage continu à travers les siècles.
Le village de Saint-Julien, perché sur une butte à 576 mètres d’altitude, domine depuis le Moyen Âge les plateaux de Haute-Provence, territoire marqué par une occupation humaine remontant à la Préhistoire (grotte des Pignolets, oppidum de Malavalasse). La seigneurie, détenue au XIIe siècle par Laure de Saint-Julien — dont la beauté fut célébrée par le troubadour Folquet de Marseille —, passa successivement aux mains des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (1312), puis à la famille de Castellane via le mariage de Marguerite de Trians en 1435. L’église, inscrite aux Monuments Historiques en 1925, reste un symbole de cette histoire mouvementée, liée aux routes commerciales romaines et aux dynamiques féodales provençales.
Au XVIIIe siècle, l’amélioration de la sécurité dans les campagnes favorisa l’essor des hameaux agricoles autour du bourg médiéval. En 1929, le centre administratif fut transféré au hameau de Saint-Pierre, reflétant le dépeuplement progressif du village perché (77 habitants en 1926 contre 593 dans la plaine). L’édifice, propriété communale, conserve des éléments remarquables comme les remparts du XIIe siècle entourant l’enceinte, ou la chapelle de la Trinité, située à 500 mètres à l’ouest. Son patrimoine mobilier, incluant des cloches d’Ancien Régime et un autel baroque, en fait un témoin majeur de l’art sacré provençal.
La région, intégrée au parc naturel régional du Verdon, fut un carrefour stratégique entre Riez, Rians et Saint-Maximin dès l’Antiquité. Les villas romaines, ancêtres des actuels hameaux, jalonnaient les voies commerciales, tandis que les Ligures (tribu des Albiques) occupaient l’oppidum de Malavalasse. L’église, avec son abside et ses absidioles, illustre l’influence des ordres religieux — comme les Hospitaliers — et des familles nobles locales, dont les Castellane, qui façonnèrent le territoire pendant trois siècles. Aujourd’hui, elle domine un paysage de forêts (62,5 % du territoire communal) et de cultures méditerranéennes (vigne, lavande, oliviers).