Frise chronologique
982
Consécration de la première église
Consécration de la première église
982 (≈ 982)
Par Hildesind, évêque d’Elne, avec Oliba Cabreta.
1245
Consécration de la seconde église
Consécration de la seconde église
1245 (≈ 1245)
Romanes, par Bernat de Berga, évêque d’Elne.
1634
Achèvement de la flèche du clocher
Achèvement de la flèche du clocher
1634 (≈ 1634)
Pyramide terminale ajoutée au XIVe siècle.
1648-1681
Transformation baroque de l’église
Transformation baroque de l’église
1648-1681 (≈ 1665)
Agrandissement et voûtement gothique par Jacques Marial.
1693-1748
Réalisations des retables majeurs
Réalisations des retables majeurs
1693-1748 (≈ 1721)
Retable des saintes patronnes doré entre 1743-1748.
1921
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1921 (≈ 1921)
Protection de l’édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 14 septembre 1921
Personnages clés
| Hildesind - Évêque d’Elne |
Consacra la première église en 982. |
| Oliba Cabreta - Comte de Cerdagne et Besalú |
Présent à la consécration de 982. |
| Bernat de Berga - Évêque d’Elne |
Consacra l’église romane en 1245. |
| Antoine Doldon - Architecte de Perpignan |
Auteur des plans de 1648. |
| Jacques Marial - Architecte et maître d’œuvre |
Reconstruit la voûte en 1663. |
| Pascal Cervello - Facteur d’orgues (frère religieux) |
Construisit l’orgue en 1724. |
Origine et histoire
L’église Saint-Juste-et-Sainte-Ruffine trouve ses origines en 982, date de la consécration d’un premier édifice par Hildesind, évêque d’Elne, en présence d’Oliba Cabreta, comte de Cerdagne. Ce lieu de culte, dédié aux saintes Juste et Ruffine, marqua la fondation de la paroisse de Prats-de-Mollo. Face à l’accroissement démographique, une nouvelle église fut construite et consacrée en 1245 par Bernat de Berga, conservant un clocher roman qui servait aussi de tour défensive. Ce clocher, partiellement remanié au XIVe siècle, reçut sa flèche pyramidale en 1634.
Au XVIIe siècle, l’église romane, devenue trop exiguë pour 1 200 fidèles, fut profondément transformée à partir de 1648 sous la direction de l’architecte Antoine Doldon. Les murs gouttereaux du XIIIe siècle furent surélevés, et la nef voûtée s’effondra en 1663, nécessitant l’intervention de Jacques Marial, qui construisit une voûte gothique et ajusta les chapelles. Deux chapelles latérales (Rosaire au midi, Saint-Sacrement au nord) furent ajoutées entre 1673 et 1675, avant l’achèvement du chevet polygonal en 1681. L’édifice, classé en 1921, abrite un riche mobilier baroque, dont sept retables des XVIIe et XVIIIe siècles.
Le mobilier inclut un retable majeur dédié aux saintes patronnes (1693, doré entre 1743-1748), ainsi que des retables secondaires comme ceux de saint Michel (1705), du Rosaire (1706), ou de saint Joseph (1709). L’orgue, installé en 1724 par le frère Pascal Cervello avec un buffet de Salvador Quinta, fut restauré à plusieurs reprises, notamment après des dégâts causés par la foudre en 1932. Son buffet, classé en 1933, témoigne de l’importance musicale de l’église.
L’église illustre l’évolution architecturale et artistique du Roussillon, mêlant héritage roman médiéval et expansions baroques. Son histoire reflète aussi les besoins défensifs de la région, le clocher ayant servi de tour de guet. Les transformations du XVIIe siècle, menées par des artisans locaux (Guillaume Fara) et des architectes renommés (Jacques Marial), soulignent son rôle central dans la vie communautaire et religieuse de Prats-de-Mollo.