Frise chronologique
751
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
751 (≈ 751)
Wibert construit l’abbaye et son église.
881
Ravage normand
Ravage normand
881 (≈ 881)
Massacre des moines, église épargnée.
1003
Canonisation d’Hiltrude
Canonisation d’Hiltrude
1003 (≈ 1003)
Reliques exhumées après un scandale.
XVIe siècle
Construction de l’église actuelle
Construction de l’église actuelle
XVIe siècle (≈ 1650)
Période de reconstruction et apogée.
1791
Destruction partielle de l’abbaye
Destruction partielle de l’abbaye
1791 (≈ 1791)
Vente et dispersion des biens.
1944
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1944 (≈ 1944)
Protection de l’église Saint-Lambert.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Lambert : inscription par arrêté du 24 février 1944
Personnages clés
| Wibert - Comte de Poitou et fondateur |
Créa l’abbaye en 751. |
| Gontrad - Premier supérieur de l’abbaye |
Fils de Wibert, obtint les reliques. |
| Hiltrude - Sœur de Wibert, recluse |
Canonisée en 1003. |
| Thierry d’Avesnes - Seigneur repentant |
Restaura l’abbaye après pillages. |
| Louis de Blois-Châtillon - Abbé réformateur (1530-1566) |
Rétablit la Règle bénédictine. |
| Gautier d’Oisy - Seigneur pillard |
Attaqua l’abbaye avant réconciliation. |
Origine et histoire
L’église Saint-Lambert de Liessies est intimement liée à l’abbaye bénédictine fondée en 751 par Wibert, comte de Poitou et cousin de Pépin le Bref. Ce dernier offrit à Wibert des terres dans le nord des Gaules, où il érigea l’abbaye après une chasse légendaire : le lieu où tomba un sanglier qu’il avait tué fut choisi pour implanter le monastère. L’église abrita dès l’origine des reliques de saint Lambert, obtenues par Gontrad, fils de Wibert et premier supérieur, auprès de l’évêque de Liège.
Au IXe siècle, les Normands ravagèrent Liessies en 881, massacrant moines et serviteurs, mais épargnant l’église. Les biens de l’abbaye furent dispersés, et un seul prêtre demeura. Au XIe siècle, l’évêque de Cambrai intervint après qu’un prêtre eut enterré un brigand dans l’église, entraînant la canonisation d’Hiltrude, sœur de Wibert, et le remplacement des chanoines par des bénédictins. L’abbaye fut restaurée grâce à Thierry d’Avesnes, repentant d’avoir pillé d’autres églises.
Les XIIe et XIIIe siècles virent l’abbaye s’enrichir de reliques (saint Etton, fragment de la Vraie Croix) et devenir un lieu de pèlerinage. Malgré les pillages répétés, notamment par Gautier d’Oisy, les moines obtinrent la protection du comte de Hainaut. La guerre de Cent Ans appauvrit l’abbaye, mais elle connut un renouveau aux XVIe et XVIIIe siècles sous des abbés réformateurs comme Louis de Blois-Châtillon, célèbre pour ses enluminures.
La Révolution française marqua la fin de l’abbaye : vendue et partiellement détruite en 1791, ses reliques furent reprises par les habitants de Dompierre dès 1789. L’église paroissiale Saint-Lambert, classée Monument Historique en 1944, conserve aujourd’hui des objets et œuvres d’art issus de l’abbaye. Le parc abbatial, avec ses aménagements hydrauliques, est intégré à l’écomusée de l’Avesnois.