Origine et histoire de l'Église Saint-Laurent d'Éclaron
L'église Saint-Laurent d'Éclaron se situe dans la commune d'Éclaron-Braucourt-Sainte-Livière en France et constitue l'église paroissiale du village d'Éclaron. Elle a été construite en 1506 dans le style gothique flamboyant, alors que René II de Lorraine était baron d'Éclaron, et a été consacrée le 18 octobre 1627 par Monseigneur Henri Clausse, évêque de Châlons-sur-Marne. En 1619, un porche occidental, aménagé comme chapelle mortuaire de la famille de Comitin, est ajouté ; ses portes latérales ont été murées en 1843 et remplacées par l'ouverture de la grande arcade actuelle. Le clocher en bois a été détruit par un incendie le 25 avril 1811 et reconstruit en 1856-1857 par l'entreprise Pierre David de Nomécourt sur les plans de l'architecte Jean-Baptiste Couvreux de Wassy ; la flèche, qui penchait, a été déposée en 1960 puis restaurée en 2005. En juillet 1862, le sol en terre cuite a été remplacé par un dallage en pierres provenant de la carrière de la Chapelle-en-Blaisy. L'édifice a été classé au titre des monuments historiques le 9 juillet 1909.
L'église se compose d'une nef à trois vaisseaux d'égale hauteur en trois travées, d'un transept débordant et d'un chœur à chevet polygonal ; les vaisseaux sont séparés par des piliers circulaires et couverts de voûtes d'ogives reposant sur des piles pénétrantes. Les clefs de voûte sont historiées : les armoiries de René II de Lorraine figuraient à l'origine sur les trois clefs du transept, mais elles ont été enlevées en 1641 sur ordre de Richelieu ; la clé du bras sud représente aujourd'hui saint Laurent et celle du bras nord Jean-Baptiste. Le chevet, percé de cinq baies ogivales, s'ouvre sur la croisée du transept par deux piliers ornés d'inscriptions funéraires. La sacristie est située au sud du chœur, dans le décrochement des contreforts avec le transept. Le clocher, posé sur le transept, présente une haute flèche octogonale et des abat-sons ajourés et est accessible par un escalier à vis hors-œuvre. Le porche occidental est voûté d'ogives sur deux travées et porte une clef de voûte armoriée aux armes des Comitin ; l'édifice est entièrement couvert en ardoise.
Plusieurs éléments du mobilier sont protégés au titre des monuments historiques. Les vitraux du chœur datent du XIXe siècle. L'orgue se trouve sur une tribune en pierre au revers de la façade occidentale ; cette tribune, de section carrée, est ouverte sur les bas-côtés par deux arcades ogivales et soutenue par de larges piliers cylindriques, les écoinçons étant sculptés de figures en bas-relief. L'instrument a été construit entre 1764 et 1769 par le facteur Jean Richard, de Troyes, pour l'abbaye des Prémontrés de Jovilliers ; vendu comme bien national le 9 mai 1791 à la ville de Saint-Dizier pour l'église Notre-Dame, il a été revendu à Éclaron pour remplacer le premier orgue installé en 1642 par Chrétien Dognon, facteur d'orgue de Nancy. Le buffet forme une double boiserie avec deux hautes tourelles axiales ; le décor répartit consoles et claires-voies chantournées, les statues ayant été remplacées par des pots-à-feu et une lyre ; la claire-voie du grand-orgue comporte trois angelots et le positif des cous d'aigles affrontés. L'orgue mesure 5 m de haut et 4,5 m de large ; sa partie instrumentale est en état de marche et le buffet est classé au titre d'objet depuis le 15 septembre 1965.
Les fonts baptismaux, datés de 1614 et installés alors qu'Edme Thomas était curé d'Éclaron, sont composés de deux assises de calcaire sculpté ; la cuve à gordons est carrée, le bassin est en zinc ou en plomb et le couvercle en cuivre jaune ; ils mesurent 1,075 m de hauteur sans le couvercle et 0,87 m de côté et sont classés depuis le 28 mars 1980. Le bénitier en fonte peint et doré, daté de 1619, en forme de cloche renversée, porte des inscriptions, mesure 45,5 cm de hauteur et 60 cm de diamètre et a été offert par Guillaume Hurbal et Béatrice de Bonnard ; il est classé au titre d'objet depuis le 15 septembre 1965. La chaire à prêcher, placée côté nord du vaisseau central contre le troisième pilier, date du XVIIe siècle ; sa cuve est décorée de panneaux sculptés représentant les Évangélistes et leurs symboles, la rampe de l'escalier présente des têtes d'anges et des corbeilles de fruits dans des guirlandes, la cuve est soutenue par Samson agenouillé et l'abat-voix est orné de rinceaux, de têtes d'anges et, en son centre, d'une représentation du Christ prêchant ; la chaire mesure 5 m de haut et 1,75 m de large, est en bon état et est classée depuis le 18 septembre 1908.
La poutre de gloire, datée du XVIIIe siècle et classée depuis le 15 septembre 1965, se trouve dans l'arc triomphal ; le Christ en Croix, du XVIIe siècle, surmontait autrefois l'ancienne clôture de chœur et présente les pieds cloués côte à côte. Le retable et le maître-autel, également classés au titre d'objet depuis le 15 septembre 1965, datent du XVIIIe siècle : le maître-autel est un autel-tombeau en marbres polychromes, le retable comporte deux colonnes composites en marbre veiné noir à chapiteaux dorés encadrant un tableau représentant le martyre de saint Laurent daté de 1639, et l'entablement porte l'inscription « AUTEL PRIVILEGIE » en lettres dorées ; le retable est surmonté d'un dais en bois sculpté, peint et doré, orné de statuettes dorées d'anges tenant des encensoirs. À la suite de la réforme liturgique du concile Vatican II, un nouveau maître-autel a été installé en 1990 ; sa façade, représentant la Cène, a été réalisée par Claude Michel.