Frise chronologique
1287
Première mention écrite
Première mention écrite
1287 (≈ 1287)
Cure citée dans les comptes de l'évêché de Nevers.
1359
Incendie du clocher
Incendie du clocher
1359 (≈ 1359)
Traces visibles liées à la guerre de Cent Ans.
1478
Mention dans le pouillé
Mention dans le pouillé
1478 (≈ 1478)
Curé nommé par le prieur de Lurcy-le-Bourg.
1789-1799
Pillage révolutionnaire
Pillage révolutionnaire
1789-1799 (≈ 1794)
Vendue comme bien national, transformée en grange.
19 juin 1972
Classement MH
Classement MH
19 juin 1972 (≈ 1972)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (ancienne) (cad. B 83) : classement par arrêté du 19 juin 1972
Personnages clés
| Curé de Béard (1478) - Religieux |
Nommé par le prieur de Lurcy-le-Bourg. |
| Pèlerins de Vézelay - Voyageurs |
Repéraient l’église sur la route de Compostelle. |
Origine et histoire
L'église Saint-Laurent de Béard, située dans la Nièvre sur un promontoire dominant la Loire, est un exemple typique de l'art roman bourguignon. Construite entre les XIe et XIIe siècles, elle présente un plan basilical à nef unique et transept saillant, surmonté d'une coupole sur trompes. Ses proportions, basées sur le nombre d'or, et ses pierres de Montenoison à grain fin témoignent d'un savoir-faire technique des années 1190-1210. L'édifice, initialement plus large, fut remanié après un incendie en 1359, avec une reconstruction organisant l'espace en carrés égaux : trois pour la nef et trois pour le transept, chacun mesurant 30 mètres.
L'église est mentionnée pour la première fois en 1287 dans les comptes de l'évêché de Nevers comme une cure, puis en 1478 sous le nom de curatus de Béard, son curé étant nommé par le prieur de Lurcy-le-Bourg. Elle jouait un rôle pour les pèlerins de Vézelay se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle, grâce à sa position visible. Pendant la Révolution, elle fut pillée, ses cloches et objets liturgiques disparurent, et elle fut vendue comme bien national avant d'être transformée en grange, échappant ainsi à la destruction. Des traces de peintures médiévales subsistent à la croisée du transept.
Le clocher carré, à deux étages avec des baies géminées, porte les stigmates de l'incendie de 1359 lié à la guerre de Cent Ans. Les absidioles, dont l'une fut entièrement détruite, furent reconstruites. Classée monument historique en 1972, l'église conserve des décors sculptés extérieurs (bandeaux, modillons) et une orientation décalée de 18°, correspondant à la fête de saint Laurent le 10 août. Aujourd’hui ouverte au public toute l’année, elle est illuminée en été et lors des fêtes religieuses.
L’édifice primitif, plus large, comportait une nef séparée du transept par un arc diaphragme et des passages étroits, avec un chevet peut-être précédé d’une travée droite et d’absidioles. Les restaurations successives ont permis de préserver sa structure, malgré les dégradations du temps et les actes de vandalisme révolutionnaires. Son architecture, marquée par des contreforts peu épais et des claveaux réguliers, reflète les techniques romanes bourguignonnes.
L’église Saint-Laurent illustre aussi l’histoire religieuse locale : en 1478, la paroisse de Beardum devait 10 sols d’impôt ecclésiastique. Son rôle dans les réseaux de pèlerinage et sa résistance aux aléas historiques (guerres, Révolution) en font un témoignage majeur du patrimoine médiéval de la Nièvre.