Frise chronologique
XIe siècle (avant 1100)
Usurpation par Barasc de Thémines
Usurpation par Barasc de Thémines
XIe siècle (avant 1100) (≈ 1150)
Seigneur local s’approprie l’église avant son départ en croisade.
1193
Première mention du prieur
Première mention du prieur
1193 (≈ 1193)
Preuve écrite de l’activité monastique à Blars.
Milieu du XIIe siècle
Construction du chevet et transept
Construction du chevet et transept
Milieu du XIIe siècle (≈ 1250)
Datation par le portail sculpté du bras sud.
1886-1887
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1886-1887 (≈ 1887)
Style néoroman remplaçant une structure détruite.
14 avril 1926
Classement partiel MH
Classement partiel MH
14 avril 1926 (≈ 1926)
Protection du transept, abside et absidioles.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Transept, abside et absidioles (cad. E 453) : inscription par arrêté du 14 avril 1926
Personnages clés
| Barasc de Thémines - Seigneur usurpateur |
Parti en croisade, restitue l’église par testament. |
| Évêque de Cahors (anonyme) - Intermédiaire testamentaire |
Reçoit la lettre de Barasc en Terre sainte. |
| Abbé Gombert - Dirigeant de Marcilhac |
Rachète les droits seigneuriaux sur Blars. |
| Jean d’Hébrard - Prieur en 1547 |
Marque la réapparition du prieuré après des siècles. |
Origine et histoire
L’église Saint-Laurent de Blars, située dans le Lot en Occitanie, fut initialement un prieuré dépendant de l’abbaye de Marcilhac-sur-Célé. Au XIe siècle, elle fut usurpée par Barasc de Thémines, seigneur local parti en croisade, qui la restitua in extremis via une lettre testamentaire adressée à l’évêque de Cahors. Les moines reconstruisirent ensuite un monastère, tandis que le décor sculpté du portail sud, daté du milieu du XIIe siècle, atteste de l’apogée romane du site. Les chapiteaux, ornés de scènes moralisatrices (comme l’Avarice et l’Orgueil), et les modillons animaliers ou floraux du chevet illustrent un art rustique mais expressif.
La nef actuelle, de style néoroman, fut édifiée entre 1886 et 1887 pour remplacer une structure probablement détruite lors de la guerre de Cent Ans ou par un incendie ultérieur. Le plan en croix latine conserve cependant son transept et ses trois absides d’origine, voûtées en berceau. Le clocher, moderne, contraste avec les éléments médiévaux protégés depuis 1926 (transept, abside et absidioles). L’histoire du prieuré, mal documentée entre le XIIe et le XVIe siècle, réapparaît en 1547 avec la nomination de Jean d’Hébrard, suggérant une renaissance tardive.
Les sources soulignent aussi des particularités architecturales uniques : un couloir secret dans l’épaisseur des murs du transept nord, menant aux toitures, et une coupole octogonale percée de baies. Les sculptures, bien que sommaires pour certaines, incluent un chapiteau narratif évoquant peut-être des épisodes bibliques comme l’histoire de Samson. Ces détails, combinés aux archives d’Edmond Albe, révèlent une église à la fois lieu de culte et enjeu de pouvoir entre seigneurs laïcs et religieux au Moyen Âge.