Frise chronologique
XVIe siècle
Changement de patron
Changement de patron
XVIe siècle (≈ 1650)
Saint Florent remplacé par saint Laurent.
1750
Construction première église
Construction première église
1750 (≈ 1750)
Édifice abritant des statuettes en bois.
1854-1865
Construction église actuelle
Construction église actuelle
1854-1865 (≈ 1860)
Style néogothique par Joseph Bigot.
1944
Destruction du clocher
Destruction du clocher
1944 (≈ 1944)
Bombardements de la bataille de Brest.
28 avril 1945
Rattachement à Brest
Rattachement à Brest
28 avril 1945 (≈ 1945)
Lambezellec perd son statut de commune.
1948-1952
Reconstruction post-guerre
Reconstruction post-guerre
1948-1952 (≈ 1950)
Dirigée par la Coopérative des Édifices Religieux.
1951-1952
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1951-1952 (≈ 1952)
Suivie d'une restauration en 2009.
1956
Décès du chanoine Chapalain
Décès du chanoine Chapalain
1956 (≈ 1956)
Projet de vitraux avec Max Ingrand abandonné.
1959-années 1960
Création des vitraux modernes
Création des vitraux modernes
1959-années 1960 (≈ 1960)
Réalisés par André Bouler et les Juteau.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Joseph Bigot - Architecte |
Conçoit l'église néogothique en 1865. |
| Chanoine Chapalain - Curé de Lambézellec (1932-1956) |
Promeut la reconstruction à l'identique post-1944. |
| Abbé René Le Gall - Directeur de la Coopérative de Reconstruction |
Supervise les travaux jusqu'en 1950. |
| Abbé Le Beux - Professeur d'Art et directeur |
Remplace Le Gall, propose Max Ingrand. |
| Max Ingrand - Maître-verrier |
Pressenti pour les vitraux en 1956. |
| André Bouler - Artiste Jésuite |
Crée les vitraux modernes après 1959. |
| Guillaume Sergent - Curé-doyen (à partir de 1956) |
Choisit Bouler pour les vitraux. |
| Jacques et Mireille Juteau - Artisans verriers |
Exécutent les vitraux de Bouler. |
Origine et histoire
L'église paroissiale Saint-Laurent, située dans le quartier de Lambézellec à Brest (Finistère), trouve ses origines au XVIe siècle sous le patronage de saint Florent, remplacé plus tard par saint Laurent. En 1750, une première église est construite, abritant des statuettes en bois représentant des scènes de la Nativité et de l'Adoration des mages, inspirées des costumes locaux de la Restauration. Cet édifice, détérioré, est démoli vers 1854 pour laisser place à l'église actuelle, conçue par l'architecte Joseph Bigot dans un style néogothique et achevée en 1865. À cette époque, Lambézellec est encore une commune indépendante, avant son rattachement à Brest en 1945.
L'église se distingue par sa construction polylithique, utilisant des matériaux variés : granite de l'Aber-Ildut pour les pierres de taille, kersanton pour les ornements, granite quimpérois pour la flèche, ardoises de Châteaulin pour la toiture, et des moellons en gneiss local. Son clocher, détruit par un obus américain en 1944 pendant la bataille de Brest, est reconstruit entre 1951 et 1952, puis restauré en 2009. Les vitraux, initialement envisagés avec Max Ingrand, sont finalement réalisés par André Bouler, un Jésuite artiste, entre 1959 et les années 1960, dans un style moderne non-figuratif.
La Seconde Guerre mondiale marque un tournant pour l'édifice. Lors des bombardements de 1944, Brest et ses églises, dont Saint-Laurent, subissent d'importants dégâts. La reconstruction, pilotée par la Société Coopérative de Reconstruction Immobilière des Édifices Religieux du Finistère sous l'égide du Ministère de la Reconstruction, s'étale de 1948 à 1952. Pendant les travaux, les offices sont célébrés dans une « église baraque » installée à proximité. Le chanoine Chapalain, curé depuis 1932, souhaite une reconstruction à l'identique, mais son successeur, l'abbé Sergent, opte pour des vitraux modernes après sa rencontre avec André Bouler, ancien élève du collège Sainte-Croix de Quimperlé.
Les vitraux d'André Bouler, exécutés par les artisans Jacques et Mireille Juteau, s'articulent autour de deux thèmes : l'hagiographie de saint Laurent et l'illumination de l'église par la lumière. Le rouge, symbole du martyre du saint et de l'amour divin, domine, accompagné de bleu. Sur les soixante-deux fenêtres prévues, treize restent sans vitraux à ce jour. Le projet initial de Max Ingrand, artiste renommé pour ses travaux à Notre-Dame de Paris ou à la cathédrale de Strasbourg, est abandonné après la mort du chanoine Chapalain en 1956 et l'arrivée de l'abbé Sergent.
L'église Saint-Laurent incarne ainsi une synthèse entre héritage historique, reconstruction post-conflit et innovation artistique. Son architecture néogothique, ses matériaux locaux et ses vitraux contemporains en font un témoignage unique de l'histoire religieuse et culturelle de Brest et de sa région.