Frise chronologique
1249
Devenue paroisse
Devenue paroisse
1249 (≈ 1249)
Quatrième paroisse de Marseille sous Benoît d’Alignan.
fin XIIe - début XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Édification en style roman provençal.
10 août 1720
Messe pendant la peste
Messe pendant la peste
10 août 1720 (≈ 1720)
Célébration par Mgr de Belsunce avec les pêcheurs.
milieu XVIIe siècle
Rmaniements majeurs
Rmaniements majeurs
milieu XVIIe siècle (≈ 1750)
Reconstruction abside et clocher, suppression travée ouest.
1794
Pillage révolutionnaire
Pillage révolutionnaire
1794 (≈ 1794)
Mobilier métallique fondu, église fermée.
1801
Réouverture au culte
Réouverture au culte
1801 (≈ 1801)
Fin de son usage comme entrepôt militaire.
6 octobre 1921
Classement chapelle baptismale
Classement chapelle baptismale
6 octobre 1921 (≈ 1921)
Première protection au titre des monuments historiques.
1943
Échappe au dynamitage
Échappe au dynamitage
1943 (≈ 1943)
Dommages collatéraux pendant l’Occupation.
13 septembre 1950
Classement de l’église
Classement de l’église
13 septembre 1950 (≈ 1950)
Protection intégrale du bâtiment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Babon - Évêque de Marseille (IXe siècle) |
Commanditaire de l’enceinte fortifiée post-sarrasins. |
| Benoît d’Alignan - Évêque de Marseille (XIIIe siècle) |
Fait de Saint-Laurent la quatrième paroisse en 1249. |
| Monseigneur de Belsunce - Évêque de Marseille (XVIIIe siècle) |
Célèbre une messe pendant la peste de 1720. |
| Vicaire Bouzon - Vicaire sous la Révolution |
Dresse l’inventaire du mobilier en 1794. |
| Abbé Victor Party - Curé (XXe siècle) |
Organise des récitals folkloriques sur le parvis. |
Origine et histoire
L’église Saint-Laurent, située sur la butte éponyme dans le 2e arrondissement de Marseille, est un exemple emblématique du style roman provençal. Construite entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle en pierre rose du cap Couronne, elle se distingue par sa nef unique, ses bas-côtés voûtés en berceau, et l’absence de transept. Son emplacement, proche de l’ancien château Babon et d’un habitat grec primitif, suggère une occupation ancienne du site, bien qu’aucun lien direct avec un temple antique n’ait été prouvé. Un chapiteau ionique découvert en 1952, aujourd’hui exposé au Musée d’histoire de Marseille, atteste cependant d’une présence cultuelle précoce.
Initialement édifiée dans un contexte de stabilité économique après les raids sarrasins des IXe et Xe siècles, l’église devient la quatrième paroisse de Marseille en 1249 sous l’épiscopat de Benoît d’Alignan. Elle est profondément liée à la communauté des pêcheurs, les sanjanen, qui y disposent d’une chapelle dédiée. Au XVIIe siècle, des remaniements majeurs transforment le bâtiment : l’abside est reconstruite pour accueillir un clocher octogonal accessible par un escalier hélicoïdal, tandis que la façade ouest, partiellement détruite en 1668 lors de la construction du fort Saint-Jean, voit sa porte principale déplacée sur le côté sud.
L’histoire de l’église est marquée par des événements tragiques et symboliques. Pendant l’épidémie de peste de 1720, Mgr de Belsunce y célèbre une messe entourée de pêcheurs et de calfats, scellant son rôle de refuge spirituel. Sous la Révolution, elle est pillée de son mobilier métallique (1794) et convertie en entrepôt militaire jusqu’en 1801. En 1943, bien qu’épargnée par les dynamitages allemands du Vieux-Port, elle subit des dommages collatéraux. Son clocher sonne alors le glas en signe de résistance. Classée monument historique en 1950 (après sa chapelle baptismale en 1921), elle abrite aujourd’hui une statue de la Vierge polychrome et un saint Laurent doré du XVIIIe siècle.
Architecturalement, Saint-Laurent se caractérise par son dépouillement, évoquant les abbayes cisterciennes provençales comme Le Thoronet ou Sénanque. Son absence de décor sculpté et ses piliers carrés sans chapiteaux illustrent la sobriété du roman local. Jusqu’aux années 1980, l’abbé Victor Party perpétue une tradition folklorique en accueillant des récitals de musique provençale sur son parvis, immortalisé dans les films de Marcel Pagnol. La cérémonie de l’offrande du poisson, associée à la crèche de Noël, témoigne encore de son ancrage dans les traditions maritimes.
Propriété de la commune, l’église reste un lieu de culte actif, ouvert les après-midis et célébrant une messe dominicale à 10h30. Son rôle dans la vie des pêcheurs, son architecture sobre et son histoire mouvementée en font un symbole du patrimoine marseillais, à la croisée des héritages grec, médiéval et maritime.
Devenir actuel
Elle est la paroisse des pêcheurs de Marseille.