Frise chronologique
vers 1130
Construction initiale
Construction initiale
vers 1130 (≈ 1130)
Nef romane et chœur voûté d'ogives.
vers 1150
Ajout du portail occidental
Ajout du portail occidental
vers 1150 (≈ 1150)
Arc brisé annonçant le gothique.
XIIIe siècle
Transformation gothique
Transformation gothique
XIIIe siècle (≈ 1350)
Adjonction de croisillons et bas-côtés.
1742
Restauration majeure
Restauration majeure
1742 (≈ 1742)
Amélioration de l’éclairage et ambiance baroque.
1951
Classement monument historique
Classement monument historique
1951 (≈ 1951)
Inscription par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
fin XXe – début XXIe siècles
Restauration moderne
Restauration moderne
fin XXe – début XXIe siècles (≈ 2125)
Retour à l’ambiance du XVIIIe siècle.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 23 février 1951
Personnages clés
| Jérôme Carrier - Curé de Rocquemont |
Dalle funéraire datée de 1619. |
| Gaspard Geslin - Curé de Rocquemont |
Plaque de fondation de 1713. |
| Abbé Constance - Religieux du Xe siècle |
Translation des reliques de saint Arnould. |
| Raoul II de Vexin - Comte de Vexin |
Fondateur de la collégiale de Crépy. |
| Dominique Vermand - Historien de l’art |
Auteur d’études sur l’église. |
Origine et histoire
L’église Saint-Laurent de Rocquemont, située dans le département de l’Oise en région Hauts-de-France, trouve ses origines vers 1130, à la fin de la période romane. Construite initialement comme un vaisseau unique, elle est marquée par une simplicité robuste, avec des voûtes d’ogives précoces dans le chœur, parmi les premières du département. Ces voûtes, dépourvues de formerets et fortement bombées, illustrent l’innovation architecturale de l’époque, tandis que le portail occidental, ajouté vers 1150, annonce déjà le style gothique par son arc brisé et ses colonnettes ornées.
Au XIIIe siècle, l’église subit des transformations majeures : adjonction de bas-côtés, de croisillons transformant la base du clocher en croisée de transept, et création de niches liturgiques dans l’abside. Ces modifications, bien que discrètes à l’extérieur, altèrent profondément l’espace intérieur, tout en conservant les éléments romans originaux. Le clocher, fonctionnel et sobre, voit ses baies primitives obturées par les toitures des nouvelles chapelles, nécessitant le percement de baies abat-son dans les pignons.
La période moderne apporte des ajouts comme un porche du XVIe siècle devant le portail, une tourelle d’escalier pour accéder aux combles, et une sacristie. En 1742, une restauration majeure, attestée par une plaque commémorative, améliore l’éclairage des bas-côtés via des lucarnes et préserve des éléments baroques, dont une clôture de chœur en fer forgé de 1758. L’église, inscrite aux monuments historiques en 1951, bénéficie de restaurations récentes (fin XXe – début XXIe siècles) qui restituent son ambiance du XVIIIe siècle, mettant en valeur ses peintures murales discrètes et son mobilier ancien.
Le mobilier de l’église inclut des pièces remarquables : des fonts baptismaux du XIIe siècle en pierre monolithique, une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle en pierre polychrome, et deux retables baroques des XVIIe et XVIIIe siècles. La dalle funéraire de Jérôme Carrier (1619), curé de la paroisse, et la plaque de fondation de Gaspard Geslin (1713) témoignent de l’histoire religieuse locale. Bien que l’église ait perdu une partie de sa vie spirituelle après la Révolution, elle reste un exemple rare d’édifice préservant des strates architecturales médiévales à modernes.
L’histoire de Rocquemont, mentionnée dès le XIe siècle dans le récit de la translation des reliques de saint Arnould, s’inscrit dans un contexte féodal marqué par le comté de Vexin. L’église, initialement dépendante du diocèse de Senlis, passe sous celui de Beauvais après la Révolution. Aujourd’hui rattachée à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois, elle n’accueille que quelques célébrations annuelles, mais son patrimoine mobilier et immobilier en fait un lieu de mémoire historique et artistique.
Architecturalement, l’église se compose d’une nef romane à trois travées flanquée de bas-côtés, d’un transept gothique, et d’une abside au chevet plat. Les croisillons, voûtés d’ogives au XIIIe siècle, présentent des clés de voûte sculptées et des arcatures aveugles. L’extérieur, sobre, révèle des contreforts plats et un clocher fonctionnel, tandis que l’intérieur, dépouillé de ses ajouts sulpiciens, offre une atmosphère de recueillement, renforcée par des décors peints du XVIIIe siècle et un mobilier liturgique préservé.