Origine et histoire de l'Église Saint-Laurent
L'église Saint-Laurent de Roujan, située dans l'Hérault en région Occitanie, est un édifice religieux dont la construction s'échelonne principalement entre la fin du XIIIe siècle et le XIVe siècle. Elle présente une architecture gothique caractéristique, avec une nef unique de quatre travées voûtées d'ogives, suivie d'un chevet tripartite composé d'une abside et deux absidioles pentagonales. Le clocher carré, accolé au mur sud, et le portail occidental muré (remplacé par une entrée latérale au XVIIIe siècle) témoignent des évolutions subies par le bâtiment au fil des siècles. Les aménagements intérieurs, comme la grille de communion ou les fonts baptismaux, datent majoritairement du XVIIIe siècle, tandis que des chapelles latérales furent ajoutées au XIXe siècle.
L'histoire de l'église est marquée par son rattachement au prieuré de Cassan dès le XIIe siècle. En 1115, l'évêque de Béziers en fit don à cette institution monastique, avant que Raymond, sieur de Vailhan, ne confirme cette attribution. Usurpée pendant la guerre albigeoise, elle fut restituée à Cassan en 1211. La reconstruction gothique débuta vers le milieu du XIIIe siècle, en commençant par le chevet, avant une interruption visible après la dernière travée de la nef. Les travaux reprirent probablement à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle. L'édifice, orné d'une sculpture monumentale raffinée, illustre l'évolution artistique de cette période, entre tradition romane et innovations gothiques.
Classée Monument Historique en 1954, l'église Saint-Laurent conserve des éléments remarquables comme des culots sculptés de têtes, des modillons à figures humaines, et des fenêtres étroites en lancettes brisées ou en plein cintre. Le chevet, peu profond mais complexe, multiplie les pans de murs ajourés, tandis que la nef intègre des contreforts ornés de modillons. Au XVIIIe siècle, des modifications majeures furent apportées : murage du portail occidental (1759-1762), ouverture d'une nouvelle entrée au sud, et construction de la sacristie (1786). Une chapelle latérale nord, qualifiée de « moderne » dans les sources, complète l'ensemble, reflétant les adaptations liturgiques et communautaires au fil des époques.