Frise chronologique
1449
Pierre de Keramborgne
Pierre de Keramborgne
1449 (≈ 1449)
Pierre tombale du commandeur déplacée.
fin XIVe siècle
Première appellation écrite
Première appellation écrite
fin XIVe siècle (≈ 1495)
Mention de *Lanlouran* pour la paroisse.
vers 1550
Changement de nom
Changement de nom
vers 1550 (≈ 1550)
Apparition de *Saint Laurans Lanlauran*.
1612–1641
Commanderie de René de Saint-Offange
Commanderie de René de Saint-Offange
1612–1641 (≈ 1627)
Armes visibles dans l’enclos paroissial.
1649–1650
Construction du clocher
Construction du clocher
1649–1650 (≈ 1650)
Clocher mur de type lannionnais.
1642–1659
Commanderie de Jacques de Jalesnes
Commanderie de Jacques de Jalesnes
1642–1659 (≈ 1651)
Armes intégrées à l’enclos.
1725
Nom actuel
Nom actuel
1725 (≈ 1725)
Contraction en *Saint-Laurent*.
1859–1865
Peintures des lambris
Peintures des lambris
1859–1865 (≈ 1862)
Œuvre de la famille Le Loyer.
1895–1897
Reconstruction du collatéral
Reconstruction du collatéral
1895–1897 (≈ 1896)
Agrandissement de l’aile nord.
1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1926 (≈ 1926)
Inscription de l’église et de la croix.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. B 42, 43) : inscription par arrêté du 24 mars 1926 ; Croix du 17s, située dans le cimetière : inscription par arrêté du 24 mars 1926
Personnages clés
| Pierre de Keramborgne - Commandeur du Palacret |
Pierre tombale de 1449 déplacée. |
| René de Saint-Offange - Commandeur (1612–1641) |
Armes visibles dans l’enclos. |
| Jacques de Jalesnes - Commandeur (1642–1659) |
Armes présentes dans l’enclos. |
| Famille Le Loyer - Peintres (XIXe siècle) |
Auteurs des lambris peints. |
| Loyer Aîné - Artiste |
Auteur de la toile du retable (1841). |
Origine et histoire
L’église Saint-Laurent, située à Saint-Laurent dans les Côtes-d’Armor, trouve ses origines dans une fondation liée aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Les commandeurs du Palacret, seigneurs spirituels et temporels du lieu, en furent les fondateurs, avec le droit de nommer le recteur de la paroisse. Une pierre tombale datée de 1449, aujourd’hui déplacée dans l’église, ainsi que des armes de commandeurs des XVIIe et XVIIIe siècles, attestent de cette origine médiévale. L’édifice actuel, largement remanié, conserve des éléments architecturaux des XIVe–XVe siècles, comme le porche sud, tandis que son clocher mur de type lannionnais date de 1649–1650.
L’étymologie du lieu, initialement Lanlouran (fin XIVe siècle), évoque un ermitage breton (lan), avant d’évoluer sous l’influence catholique vers Saint Laurans (XVIe siècle), puis Saint-Laurent au XVIIIe siècle. Le nom rend hommage à saint Laurent, diacre martyrisé à Rome en 259, bien qu’aucun saint breton homonyme ne soit attesté. Les Hospitaliers, via la commanderie du Palacret, marquèrent durablement l’histoire du site, comme en témoignent les blasons des commandeurs René de Saint-Offange (1612–1641) et Jacques de Jalesnes (1642–1659) intégrés à l’enclos paroissial.
L’architecture de l’église mêle des phases de construction étalées du XIVe au XIXe siècle. Le porche sud, orné d’arcs lobés et de quadrilobes, date des XIVe–XVe siècles, tandis que le clocher mur, caractéristique de la région, fut érigé en 1649–1650. Un collatéral nord, reconstruit entre 1895 et 1897, complète la nef. À l’intérieur, les lambris peints (1859–1865) par la famille Le Loyer, originaire d’Étables, illustrent des scènes bibliques et hagiographiques en breton, reflétant la piété locale. Le retable du XVIIe siècle, classé, et un bas-relief en albâtre du XVIe (atelier de Nottingham) soulignent la richesse artistique du lieu.
Les statues notables incluent saint Laurent et la Vierge, encadrant le retable, ainsi qu’un Christ en croix polychrome du XVe siècle. Ces éléments, associés aux peintures murales et aux vitraux disparus (portant autrefois les armes des commandeurs), rappellent le double héritage médiéval et moderne de l’édifice. Classée Monument Historique en 1926, l’église reste un témoignage des liens entre les Hospitaliers, la noblesse locale et la communauté paroissiale bretonne.