Frise chronologique
1015–1020
Conflit avec Château-Renault
Conflit avec Château-Renault
1015–1020 (≈ 1018)
L’abbé Ébrard obtient le désistement du seigneur.
XIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
XIe siècle (≈ 1150)
Donation royale à Marmoutier, défrichement de la Gâtine.
1494
Sentence du Parlement de Paris
Sentence du Parlement de Paris
1494 (≈ 1494)
Confirme les droits de Marmoutier sur la seigneurie.
1548
Cession de 300 arpents de bois
Cession de 300 arpents de bois
1548 (≈ 1548)
Accord entre l’abbé et les habitants.
1822
Annexion de Chenusson
Annexion de Chenusson
1822 (≈ 1822)
Église Saint-Roch intégrée au territoire communal.
1862–1876
Transformation de la Grand’Maison
Transformation de la Grand’Maison
1862–1876 (≈ 1869)
Ancien logis seigneurial devient église paroissiale.
12 avril 1927
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
12 avril 1927 (≈ 1927)
Protection de l’édifice sous le nom *Grand’Maison*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise connue sous le nom de la Grand'Maison : inscription par arrêté du 12 avril 1927
Personnages clés
| Renaud Ier, comte de Vendôme - Seigneur défricheur |
Initiateur du peuplement de la Gâtine au XIe siècle. |
| Ébrard, abbé de Marmoutier - Protecteur des habitants |
Négocia le désistement de Renault de Château-Renault (1015–1020). |
| Cardinal de Richelieu - Abbé commendataire |
Dirigea Marmoutier à partir de 1629. |
| Gustave Moussu (1864–1945) - Vétérinaire et médecin |
Né à Saint-Laurent, professeur à l’École d’Alfort. |
Origine et histoire
L'église Saint-Laurent de Saint-Laurent-en-Gâtines, située dans l'actuel département d'Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire, trouve ses origines au XVe siècle. Elle était à l'origine un prieuré dépendant de l'abbaye de Marmoutier, fondé sur une seigneurie de fondation royale, probablement carolingienne. Ce prieuré, administré par des Augustins, étendait son influence sur un vaste territoire, incluant des droits de justice et des dépendances comme le Prieuré Notre-Dame de Chenusson.
Au XIe siècle, la région de Gâtine Tourangelle, alors couverte par une dense forêt, fut défrichée sous l'impulsion de Renaud Ier, comte de Vendôme. Saint-Laurent-en-Gâtines, appelé Sanctus Laurentius de Guastina dans les chartes médiévales, devint un centre important de cette zone. Le prieuré, surnommé la Grand’Maison, était un lieu de pouvoir, souvent en conflit avec les seigneurs de Château-Renault pour des questions de droits féodaux et de justice. Les moines y jouèrent un rôle clé dans l'organisation sociale et agricole, protégeant les habitants des exactions seigneuriales.
Au fil des siècles, les tensions entre les abbés de Marmoutier (devenus commendataires) et les Laurentais s’intensifièrent, notamment autour des droits d’usage dans la forêt et des redevances. En 1548, l’abbé céda 300 arpents de bois aux habitants, mais ces terres furent probablement reprises plus tard. La Grand’Maison, résidence seigneuriale fortifiée du XVe siècle, fut transformée en église au XIXe siècle après la ruine de l’édifice paroissial original. Ce bâtiment unique, en briques et pierres, fut inscrit aux Monuments Historiques en 1927.
L’église actuelle conserve des éléments médiévaux, comme une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle classée. Son clocher, anciennement une tourelle, fut surélevé en 1875. Le site reflète les luttes de pouvoir entre clergé, noblesse et paysans, typiques du Moyen Âge tourangeau. La commune, rurale et marquée par son passé forestier, fut aussi le lieu de naissance de Gustave Moussu (1864–1945), vétérinaire renommé.
En 1822, Saint-Laurent-en-Gâtines annexa la commune voisine de Chenusson, où subsiste la chapelle Saint-Roch, ancienne église paroissiale. Le patrimoine local témoigne ainsi d’une histoire riche, entre défrichements médiévaux, conflits féodaux et adaptations architecturales ultérieures.