Frise chronologique
XIe siècle
Première mention
Première mention
XIe siècle (≈ 1150)
Première référence écrite à l’église.
1470
Début de la construction
Début de la construction
1470 (≈ 1470)
Date gravée sur le 1er pilier nord.
1496
Achèvement des travaux
Achèvement des travaux
1496 (≈ 1496)
Quittance mentionnant Robin du Bost.
28 juin 1972
Protection officielle
Protection officielle
28 juin 1972 (≈ 1972)
Inscription aux Monuments Historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. C 115) : inscription par arrêté du 28 juin 1972
Personnages clés
| Robin du Bost - Tailleur de pierre |
Constructeur de l’église, mentionné en 1496. |
Origine et histoire
L’église Saint-Laurent de Saint-Laurent-Rochefort, située dans le département de la Loire en Auvergne-Rhône-Alpes, est un édifice religieux construit entre 1470 et 1496, comme en témoignent une inscription gravée sur le 1er pilier nord et une quittance d’achèvement des travaux. Son architecture combine une nef de deux travées, un transept débordant, un chœur à pans coupés, et un clocher-porche formant l’entrée. Les matériaux utilisés reflètent les ressources locales : pierre de taille en granite gris, jaune ou rose pour les éléments structuraux (façades, contreforts, encadrements), tandis que le reste de l’édifice est bâti en moellons de granite noyés dans du mortier, avec des fondations mêlant grès et basalte.
Les voûtes d’ogives couvrent l’ensemble, surmontées de toits variés (longs pans sur la nef, croupes sur le transept, croupe polygonale sur le chœur, pavillon sur le clocher). Un escalier en vis demi-hors œuvre dessert la chambre des cloches. L’église est mentionnée pour la première fois au XIe siècle, mais sa reconstruction majeure au XVe siècle lui donne son aspect actuel. Le maître d’œuvre identifié est Robin du Bost, un tailleur de pierre originaire d’Auvergne, dont le nom apparaît dans les archives d’achèvement des travaux.
L’édifice, protégé depuis 1972 (inscription aux Monuments Historiques), illustre l’art gothique tardif en Forez, avec une combinaison de rigueur architecturale et d’adaptation aux matériaux locaux. Son plan, typique des églises rurales de la région, reflète à la fois des besoins liturgiques et une volonté de monumentalité, malgré des moyens limités. La pierre rose du portail latéral droit ajoute une touche chromatique rare dans ce contexte granitique.
La localisation de l’église, au cœur du bourg de Saint-Laurent-Rochefort (code INSEE 42252), suggère son rôle central dans la vie communautaire médiévale et moderne. À l’époque de sa reconstruction (seconde moitié du XVe siècle), la région, alors intégrée au duché de Bourbon ou sous influence du Forez, connaît un essor économique lié à l’agriculture, à l’élevage, et aux échanges commerciaux entre Lyon et le Massif central. Les églises paroissiales comme Saint-Laurent servaient non seulement de lieu de culte, mais aussi de repère social, abritant assemblées, marchés, et parfois même des activités judiciaires.
Le choix du granite, abondant dans les Monts du Forez, et la présence d’un artisan spécialisé comme Robin du Bost, soulignent l’importance des réseaux de bâtisseurs en Auvergne et Lyonnais à cette époque. Ces réseaux permettaient la diffusion de savoir-faire gothiques (voûtes d’ogives, contreforts) dans des zones rurales, adaptés aux contraintes locales. L’inscription de 1470 et la quittance de 1496 offrent un rare exemple de datation précise pour un édifice rural, souvent documenté de manière fragmentaire.
Aujourd’hui, l’église Saint-Laurent reste propriété de la commune. Son état de conservation et son ouverture au public ne sont pas précisés dans les sources disponibles, mais son inscription au titre des Monuments Historiques en 1972 atteste de sa valeur patrimoniale. Les techniques de construction mêlant pierre de taille et moellons, ainsi que l’usage de mortier, révèlent des pratiques courantes dans les zones pauvres en calcaire, où le granite dominait. Le portail latéral en pierre rose, peut-être importée ou issue d’une veine locale exceptionnelle, souligne le soin apporté à certains éléments décoratifs, malgré la modestie générale de l’édifice.