Frise chronologique
1120–1180
Construction initiale
Construction initiale
1120–1180 (≈ 1150)
Période présumée de l'édification romane.
1286
Échange avorté avec l'évêque
Échange avorté avec l'évêque
1286 (≈ 1286)
Tentative d'échange contre des églises de Puy-Lagarde.
1345
Pillage pendant la guerre de Cent Ans
Pillage pendant la guerre de Cent Ans
1345 (≈ 1345)
Par Philippe de Jean, mercenaire anglais.
XVe siècle
Restauration partielle
Restauration partielle
XVe siècle (≈ 1550)
Travaux sous l’évêque Antoine d’Alamand.
1879
Agrandissement néoroman
Agrandissement néoroman
1879 (≈ 1879)
Ajout d’une nef et modification du clocher.
1952
Classement monument historique
Classement monument historique
1952 (≈ 1952)
Protection officielle de l’édifice.
1963–1973
Campagnes de restauration
Campagnes de restauration
1963–1973 (≈ 1968)
Dirigées par Pierre Prunet (Monuments historiques).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 26 septembre 1952
Personnages clés
| Philippe de Jean - Seigneur des Junies |
Pilla l’église en 1345 pour le roi d’Angleterre. |
| Antoine d’Alamand de La Rochechinard - Évêque de Cahors (XVe siècle) |
Finança des restaurations après les ruines. |
| Ossip Zadkine - Sculpteur moderne |
Auteur du *Christ* et de la *Piéta* dans l’église. |
| Pierre Prunet - Architecte en chef (XXe siècle) |
Dirigea les restaurations des années 1960–1970. |
Origine et histoire
L'église Saint-Laurent des Arques, édifiée entre 1120 et 1180, est un exemple emblématique de l'art roman quercynois. Initialement prieuré-doyenné dépendant de l'abbaye de Marcilhac, elle fut confirmée en 1233 comme possession de cette abbaye, avant d'être échangée en 1286 avec l'évêque de Cahors – un échange finalement non réalisé. Son architecture comprend une nef unique, un transept avec absidioles, et une crypte rectangulaire voûtée en berceau.
Pendant la guerre de Cent Ans (1345), l'église fut pillée par Philippe de Jean, mercenaire au service du roi d'Angleterre, puis ravagée par la peste noire (1348). Ruinée, seule son abside resta debout jusqu’au XVe siècle, où l’évêque Antoine d’Alamand de La Rochechinard entreprit des restaurations partielles, ajoutant ses armes sur une console du chœur. L’édifice devint alors paroissial, remplaçant progressivement l’église Saint-Martin voisine.
Au XVIe siècle, les guerres de Religion endommagèrent à nouveau le site : les protestants de Duras y firent des ravages en 1561 et 1622. Au XVIIIe siècle, malgré des demandes de démolition en raison de son état, les paroissiens choisirent de la restaurer entre 1803 et 1819, réutilisant des matériaux de Saint-Martin. Une extension majeure eut lieu en 1879, avec l’ajout d’une nef néoromane et d’un étage au clocher, sous la direction de l’architecte départemental.
Classée monument historique en 1952, l’église bénéficia de deux campagnes de restauration (1963–1966 et 1968–1973) menées par Pierre Prunet, architecte en chef des Monuments historiques. Ces travaux consolidèrent les voûtes, la crypte, et le chevet, tout en supprimant deux niveaux du clocher. Aujourd’hui, l’édifice abrite deux œuvres majeures d’Ossip Zadkine : un Christ en croix en ormeau (revers de la façade) et une Piéta (dans la crypte).
Son histoire reflète les tumultes régionaux, des conflits féodaux aux guerres de Religion, en passant par les restaurations modernes. L’église illustre aussi l’évolution des usages religieux, passant de prieuré bénédictin à église paroissiale, tout en conservant des éléments roman d’origine comme ses arcatures en plein cintre et ses chapiteaux sculptés.