Frise chronologique
XIe siècle
Origines supposées
Origines supposées
XIe siècle (≈ 1150)
Première mention possible de l’église
1187
Hommage d’Hugues Ier de Naillac
Hommage d’Hugues Ier de Naillac
1187 (≈ 1187)
Transige avec André de Chauvigny
Milieu XIIe siècle
Charte de Hugues de Naillac
Charte de Hugues de Naillac
Milieu XIIe siècle (≈ 1250)
Fondation officielle de Notre-Dame
7 novembre 1266
Décès de Guillaume de Naillac
Décès de Guillaume de Naillac
7 novembre 1266 (≈ 1266)
Gisant présent dans l’église
1650
Destruction du château
Destruction du château
1650 (≈ 1650)
Perte des travées occidentales
1786
Fusion des paroisses
Fusion des paroisses
1786 (≈ 1786)
Notre-Dame devient unique église
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des MH
1849
Restauration par Mérimée
Restauration par Mérimée
1849 (≈ 1849)
Début des travaux conservatoires
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Hugues Ier de Naillac - Seigneur de Gargilesse (XIIe s.) |
Parti en croisade, fondateur de l’église |
| Guillaume de Naillac - Seigneur et croisé |
Gisant daté de 1266 |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments |
Initiateur des restaurations (1849) |
| Jules de Mérindol - Architecte restaurateur |
Rétablit le sol primitif |
| Denis Darcy - Architecte (1823-1904) |
Assainit la crypte |
| Eugène Hubert - Historien local |
Recherches sur la seigneurie |
Origine et histoire
L’église Saint-Laurent-et-Notre-Dame de Gargilesse-Dampierre, située dans l’Indre en région Centre-Val de Loire, est un édifice roman aux origines liées à la seigneurie locale. Construite initialement comme chapelle castrale au sein de l’enceinte du château de Gargilesse, elle était desservie par des chanoines de Saint-Augustin. Son histoire est étroitement associée à la famille de Naillac, notamment Hugues Ier, seigneur parti en croisade au XIIe siècle, et son fils Guillaume, dont le gisant repose dans l’église. La destruction du château en 1650 par les troupes royales pourrait expliquer la disparition partielle de la nef.
À l’origine, deux églises coexistaient : Notre-Dame, chapelle seigneuriale sur la butte, et Saint-Laurent, église paroissiale en contrebas. En 1786, cette dernière fut supprimée, laissant Notre-Dame comme unique lieu de culte. L’édifice, classé Monument Historique dès 1840, fut restauré au XIXe siècle sous l’impulsion de Prosper Mérimée. Ses particularités architecturales incluent un chevet à absidioles polygonales, un transept voûté en demi-berceau, et une nef présentant des tentatives précoces de voûtement ogival. Les influences stylistiques limousines et berrichonnes y sont visibles, notamment dans les chapiteaux romans.
L’église abrite un ensemble sculptural exceptionnel : les Vieillards de l’Apocalypse sur les chapiteaux de la croisée, des scènes de l’Enfance du Christ dans l’absidiole nord, et un cycle de Daniel dans le croisillon sud. Ces œuvres, réalisées par plusieurs ateliers, témoignent de liens avec des sites comme Déols, La Charité-sur-Loire ou Vigeois. La crypte, décorée de fresques des XIIIe-XVIe siècles, et une statue de la Vierge Sedes Sapientiae – légendairement rapportée des croisades – complètent ce patrimoine. Les matériaux, calcaires importés d’Argenton-sur-Creuse, contrastent avec le socle granitique local.
Les restaurations du XIXe siècle, menées par des architectes comme Jules de Mérindol et Denis Darcy, ont permis de préserver des éléments médiévaux, dont un vitrail pré-1165 représentant le Christ en gloire. L’église illustre ainsi les transitions architecturales du XIIe siècle, entre traditions romanes et innovations gothiques, tout en incarnant l’histoire féodale et religieuse du Boischaut Sud. Son classement précoce souligne son importance patrimoniale, renforcée par des études récentes sur ses chapiteaux et peintures murales.