Frise chronologique
Vers 1130
Ajout d'une travée à la nef
Ajout d'une travée à la nef
Vers 1130 (≈ 1130)
Arc-doubleau roman, chapiteaux gothiques primitifs ultérieurs.
XIe siècle
Construction de la nef primitive
Construction de la nef primitive
XIe siècle (≈ 1150)
Appareil en arête-de-poisson, fenêtres romanes bouchées.
Début XIIIe siècle
Reconstruction gothique primitive
Reconstruction gothique primitive
Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Transept nord, voûtes et colonnettes conservées.
XIVe siècle
Construction du chœur actuel
Construction du chœur actuel
XIVe siècle (≈ 1450)
Fenêtres à têtes trilobées, style rayonnant tardif.
Fin XVe–début XVIe siècle
Voûtes flamboyantes et base du clocher
Voûtes flamboyantes et base du clocher
Fin XVe–début XVIe siècle (≈ 1625)
Travée supplémentaire de la nef, culs-de-lampe sculptés.
Milieu XVIe siècle
Chapelle seigneuriale Renaissance
Chapelle seigneuriale Renaissance
Milieu XVIe siècle (≈ 1650)
Croisillon sud inspiré de Liancourt, arcades en plein cintre.
1662
Achèvement du clocher
Achèvement du clocher
1662 (≈ 1662)
Fenêtre datée dans l'escalier, style indéfini.
1870–1895
Restaurations néogothiques (famille Rossignol)
Restaurations néogothiques (famille Rossignol)
1870–1895 (≈ 1883)
Fausses voûtes en plâtre, vitraux, porche.
12 avril 1927
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
12 avril 1927 (≈ 1927)
Protection de l'édifice par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 12 avril 1927
Personnages clés
| Sainte Maure et sainte Brigide - Martyrs écossais (VIe siècle) |
Reliques conservées, procession annuelle à Balagny. |
| Saint Épin - Frère des saintes Maure et Brigide |
Reliques locales, hameau éponyme à Balagny. |
| Reine Bathilde - Reine franque (VIIe siècle) |
Transféra les reliques à Nogent-sur-Oise. |
| Madame de Vérigny - Propriétaire du château (début XIXe) |
Restaura la chapelle avant sa démolition (1839). |
| Jean-Baptiste-Antoine Lassus - Architecte (XIXe siècle) |
Inspira le carrelage néogothique (modèles Sainte-Chapelle). |
| Dominique Vermand - Historien de l'art |
A analysé les campagnes de construction (XXe/XXIe). |
Origine et histoire
L'église Saint-Léger de Balagny-sur-Thérain, située dans l'Oise en région Hauts-de-France, est un monument dont les origines remontent au XIe siècle. Sa nef primitive, partiellement appareillée en arête-de-poisson, est l'une des plus anciennes du Beauvaisis, bien que des remaniements ultérieurs, notamment au XIXe siècle, aient altéré son caractère roman. L'édifice a subi de multiples transformations, notamment à la période gothique primitive (vers 1200) avec la reconstruction partielle du transept et l'ajout d'une travée supplémentaire à la nef. Le chœur actuel, de style gothique rayonnant tardif, date quant à lui du XIVe siècle, tandis que la guerre de Cent Ans a retardé son voûtement définitif.
Le monument est étroitement lié au martyre des saintes Maure et Brigide, deux vierges écossaises assassinées à Balagny vers 514 lors d'un pèlerinage. Leurs reliques, initialement transférées à Nogent-sur-Oise au VIIe siècle, ont partiellement regagné l'église au XIXe siècle après la démolition de la chapelle du château local. Une procession annuelle, le jour de l'Ascension, commémore encore leur mémoire, avec le port de leurs châsses vers la fontaine des Vierges. L'église abrite également des reliques de leur frère, saint Épin, dont le nom est associé à un hameau de la commune.
Les campagnes de construction se sont étalées sur plusieurs siècles : la nef romane (XIe), le transept gothique primitif (début XIIIe), le chœur (XIVe), et des ajouts flamboyants (XVe–XVIe), comme la voûte de la travée supplémentaire ou la base du clocher, achevé seulement en 1662. Le croisillon sud, reconstruit à la Renaissance (milieu XVIe) en imitation de l'église de Liancourt, contraste avec le croisillon nord, resté gothique. Les modifications du XIXe siècle, incluant des fausses voûtes en plâtre et un porche néogothique, ont partiellement masqué son héritage médiéval.
L'intérieur révèle une superposition de styles : l'arc triomphal roman à double rouleau, les chapiteaux gothiques primitifs, ou encore les voûtes flamboyantes de la croisée du transept, probablement ajoutées au XIXe siècle. Le mobilier inclut des vitraux du XIXe siècle dédiés aux saintes Maure et Brigide, ainsi qu'une statue classée de la Vierge à l'Enfant (XVIe siècle). Malgré son inscription aux Monuments Historiques en 1927, l'église, aujourd'hui affiliée à la paroisse Sainte-Claire de Mouy, n'accueille des messes qu'en période hivernale.
Son plan cruciforme, combinant nef sans bas-côtés, transept asymétrique et chœur à chevet plat, illustre les adaptations successives d'un édifice paroissial rural. Les matériaux, allant des moellons irréguliers de la nef à la pierre de taille du chœur, reflètent ces évolutions. Extérieurement, la simplicité des volumes — pignons austères, rosace flamboyante du croisillon nord, chapelle seigneuriale Renaissance — témoigne d'un patrimoine modeste mais riche en strates historiques.
Les sources archéologiques, notamment les travaux de Dominique Vermand, soulignent l'absence d'études approfondies sur ce monument. Les erreurs passées, comme la datation erronée du chœur par Louis Graves (XIXe siècle), rappellent les défis posés par son histoire complexe. Aujourd'hui, l'église Saint-Léger reste un lieu de mémoire locale, où se mêlent dévotion populaire, héritage médiéval et interventions modernes.