Frise chronologique
XIIe ou XIIIe siècle
Fondation du prieuré fontevriste
Fondation du prieuré fontevriste
XIIe ou XIIIe siècle (≈ 1350)
Prieuré réservé aux jeunes filles nobles.
1586
Destruction par les protestants
Destruction par les protestants
1586 (≈ 1586)
Incendie et massacre dans l’église.
1591
Reconstruction par Ursule de Cornillier
Reconstruction par Ursule de Cornillier
1591 (≈ 1591)
Début des travaux du couvent.
1643-1644
Campagne de reconstruction
Campagne de reconstruction
1643-1644 (≈ 1644)
Financée par Jean d’Estrades.
1714
Arrêt du Grand Conseil
Arrêt du Grand Conseil
1714 (≈ 1714)
Confirmation des droits des religieuses.
1893-1895
Reconstruction de la nef et clocher
Reconstruction de la nef et clocher
1893-1895 (≈ 1894)
Travaux majeurs au XIXe siècle.
1996
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1996 (≈ 1996)
Protection de l’édifice et du clocher.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, y compris son clocher élevé au XIXe siècle (cad. D 834) : inscription par arrêté du 19 avril 1996
Personnages clés
| Ursule de Cornillier - Religieuse et reconstructrice |
Dirigea la reconstruction post-1586. |
| Jean d'Estrades - Bienfaiteur et évêque de Condom |
Finança les travaux du XVIIe siècle. |
| Françoise de Campet - Prieure commanditaire |
Commanda le retable du maître-autel. |
| Simon de Sainte-Livrade - Sculpteur et menuisier |
Réalisa le retable entre 1645-1650. |
| Frontin de Bordeaux - Sculpteur des statues |
Auteur des sculptures du retable. |
| Jean Vigier - Architecte du XIXe siècle |
Dirigea le voûtement de la nef. |
Origine et histoire
L’église Saint-Léger de Fongrave, située dans le département de Lot-et-Garonne en Nouvelle-Aquitaine, trouve ses origines dans un prieuré fontevriste fondé entre le XIIe et le XIIIe siècle. Ce prieuré, réservé aux jeunes filles nobles et dirigé par une abbesse, abritait initialement deux églises jumelées : l’une pour les religieuses, l’autre pour les paroissiens, séparées par une grille en bois. Ces églises furent détruites lors des guerres de Religion, notamment en 1586, lorsque les protestants, menés par Geoffroy de Vivans, pillèrent le bourg et massacrèrent plus de 200 personnes dans l’édifice. L’incendie qui s’ensuivit ravagea le prieuré et l’église priorale, contraignant les religieuses à se réfugier temporairement à Sainte-Livrade.
Après les destructions de 1586, la mère Ursule de Cornillier entreprit la reconstruction du couvent à partir de 1591. Les religieuses occupèrent alors l’église paroissiale Saint-Jean-de-l’Habit, moins endommagée et construite au XIVe siècle, dont le tympan subsiste encore aujourd’hui. Cette église fut réaménagée pour un usage conjoint : le chœur et le maître-autel furent réservés aux religieuses sous le vocable de Notre-Dame, tandis que la nef, dédiée à saint Léger, servait aux paroissiens. Une vaste campagne de reconstruction et de décoration fut menée à partir de 1643, financée en grande partie par Jean d’Estrades, futur évêque de Condom, qui séjournait régulièrement près du prieuré.
Les travaux du XVIIe siècle, dirigés par les maîtres maçon Mathieu et charpentier Pinedre, transformèrent profondément l’édifice. Le sanctuaire fut séparé de la nef par une arcade de pierre et une cloison de bois, tandis que deux autels furent installés dans la nef, dédiés à saint Léger et saint Roch. Un dortoir pour les religieuses fut également construit au-dessus de l’église, avec une tribune donnant directement sur le chœur. Au début du XVIIIe siècle, un conflit opposa le vicaire aux religieuses concernant la possession de l’église. Un arrêt du Grand Conseil en 1714 confirma la possession du chœur et du maître-autel par les religieuses, tout en déclarant saint Léger patron de la paroisse.
Au XIXe siècle, l’église subit d’importants remaniements. En 1820, des travaux de consolidation furent menés par l’architecte Debrel fils, suivis en 1858 par le voûtement de la nef sous la direction de Jean Vigier. En 1893, la nef et les chapelles latérales furent reconstruites, formant un faux transept, tandis qu’un clocher-porche fut érigé en 1895 pour protéger le tympan médiéval. L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 1996, conserve des éléments remarquables comme son retable du XVIIe siècle, classé en 1895, et des vitraux des XIXe et XXe siècles.
Le mobilier de l’église inclut un retable baroque commandé par la prieure Françoise de Campet entre 1645 et 1650, orné de sculptures de Frontin de Bordeaux et d’un tableau inspiré de Rubens. Les vitraux, réalisés par Louis-Victor Gesta et les ateliers Étienne et Mouilleron, illustrent des scènes religieuses, dont la vie de la Vierge. Après des restaurations au XXe siècle, notamment en 1997 pour le clocher et entre 2000 et 2001 pour la voûte, l’église Saint-Léger reste un témoignage de l’histoire religieuse et architecturale de la région.