Frise chronologique
XIIIe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher
XIIIe siècle (≈ 1350)
Vestige le plus ancien de l'édifice.
Milieu du XVIe siècle
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
Milieu du XVIe siècle (≈ 1650)
Financée par le seigneur local, style Renaissance.
1856-1858
Réparations de la nef
Réparations de la nef
1856-1858 (≈ 1857)
Échec à long terme, stabilité précaire.
1955
Démolition de la nef
Démolition de la nef
1955 (≈ 1955)
Effondrement de la charpente, conservation partielle.
28 avril 1980
Classement monument historique
Classement monument historique
28 avril 1980 (≈ 1980)
Protection du chœur, clocher et ruines.
2013-2014
Achèvement de la restauration
Achèvement de la restauration
2013-2014 (≈ 2014)
Sauvegarde définitive du chœur et réouverture.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher ; choeur ; ruines de la nef (cad. 1975 B 199) : classement par arrêté du 28 avril 1980
Personnages clés
| Seigneur local (XVIe siècle) - Commanditaire du chœur |
Finança la reconstruction Renaissance du chœur. |
| Franz Boulogne - Architecte (XIXe siècle) |
Proposa la démolition en 1851. |
| Fernand Pantanella - Maire (début XXIe siècle) |
Relança la restauration en 2001. |
| Mathieu Lours - Historien de l'art |
A analysé les dais sculptés de l'abside. |
Origine et histoire
L'église Saint-Léger de Jagny-sous-Bois, située dans le Val-d'Oise, est un édifice religieux dont les origines remontent au moins au XIIIe siècle, comme en témoigne son clocher. Initialement dédiée à saint Barthélemy, elle fut partiellement reconstruite au XVIe siècle sous l’impulsion du seigneur local, qui finança un chœur de style gothique flamboyant avec des décors intérieurs Renaissance. La nef, construite plus tardivement (XVIIe ou XVIIIe siècle) en moellons de médiocre qualité, souffrit rapidement de problèmes de stabilité, nécessitant des réparations dès 1856-1858, sans succès durable.
Au XXe siècle, la nef, jugée irréparable, fut démolie en 1955 après l’effondrement de sa charpente, ne laissant subsister que le chœur, les collatéraux et le clocher du XIIIe siècle. Classée monument historique en 1980, l’église fit l’objet de campagnes de restauration complexes, notamment entre 2005 et 2013, pour sauver le chœur menacé de ruine. Son intérieur, marqué par la transition entre gothique flamboyant et Renaissance, se distingue par des voûtes aux nervures prismatiques, des chapiteaux corinthiens et des dais sculptés dans l’abside, inspirés des artisans ayant travaillé au château d’Écouen voisin.
L’abside, pièce maîtresse de l’édifice, abrite un décor Renaissance exceptionnel, incluant des culs-de-lampe ornés de feuillages et des clés de voûte sculptées, comme celle représentant une grappe de fruits entourée de volutes. Les bas-côtés, plus sobres, conservent des traces des remaniements successifs, tandis que le mobilier comprend des statues classées, dont un Christ de pitié du XVe siècle et une Vierge de Douleur du XVIe siècle. Malgré la perte de sa nef, l’église reste un témoignage rare de l’architecture religieuse de la première Renaissance en Île-de-France, mêlant héritage médiéval et innovations stylistiques.
Le clocher, probablement le vestige le plus ancien (XIIIe siècle), se caractérise par sa simplicité, avec des contreforts inclinés et des baies en plein cintre dépourvues d’ornementation. À l’extérieur, le chevet du chœur contraste par son exécution soignée en pierre de taille, ses baies à remplage Renaissance et ses glacis moulurés. L’édifice, aujourd’hui dégagé de toute construction adjacente, offre une lecture claire de ses différentes phases de construction, bien que son histoire soit marquée par des périodes de déclin et de sauvetage in extremis, comme en attestent les bandes de fer ceinturant l’abside pour en assurer la stabilité.
Sur le plan paroissial, Jagny-sous-Bois dépendait autrefois du diocèse de Paris, avant d’être rattachée au diocèse de Versailles après la Révolution, puis à celui de Pontoise en 1966. Intégrée aujourd’hui à la « paroisse des onze clochers » de Luzarches, l’église Saint-Léger n’accueille plus que des messes occasionnelles, mais son classement et sa restauration récente (achevée en 2014) en font un patrimoine préservé, ouvert à la visite et symbole de l’histoire locale.