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Frise chronologique
XIIe siècle
Origines romanes
Origines romanes
XIIe siècle (≈ 1250)
Mur nord, transept et arcs conservés.
1445
Attaque des Écorcheurs
Attaque des Écorcheurs
1445 (≈ 1445)
Dommages causés par Evrard IV de la Marck.
25 août 1452
Consécration de l’église
Consécration de l’église
25 août 1452 (≈ 1452)
Par l’archevêque Jean II Jouvenel des Ursins.
1658 et 1740
Crues dévastatrices de la Meuse
Crues dévastatrices de la Meuse
1658 et 1740 (≈ 1740)
Inondations mémorables immortalisées.
XVIIe siècle
Rénovation de la charpente
Rénovation de la charpente
XVIIe siècle (≈ 1750)
Toiture repensée en pyramide.
1925
Découverte des fresques
Découverte des fresques
1925 (≈ 1925)
Cinq peintures murales du XVIe siècle.
1959
Classement monument historique
Classement monument historique
1959 (≈ 1959)
Protection officielle de l’édifice.
1961–1967
Restauration des fresques
Restauration des fresques
1961–1967 (≈ 1964)
Travaux de conservation des peintures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Léger (cad. E 352) : classement par arrêté du 1er juin 1959
Personnages clés
| Evrard IV de la Marck - Chef des Écorcheurs |
Responsable des dommages en 1445. |
| Jean II Jouvenel des Ursins - Archevêque |
Consacre l’église en 1452. |
| Pierre de la Haye - Curé (milieu XVIIIe) |
Commemore les crues de la Meuse. |
| Pierre Fournil de la Haie - Curé (1707–1742) |
Gère l’église pendant 35 ans. |
| François Feuillat - Artiste |
Auteur du maître-autel (1783). |
| Cury - Sculpteur ardennais |
Réalise la chaire à prêcher (1742). |
Origine et histoire
L’église Saint-Léger de Monthermé, située dans les Ardennes, est un édifice aux origines remontant au XIIe siècle, comme en témoignent le mur nord de la nef, le transept et les arcs de la croisée. Ces vestiges, parmi les plus anciens conservés, révèlent une construction romane partielle, avant que l’édifice ne subisse des transformations majeures. Les attaques répétées, notamment l’incursion des Écorcheurs d’Evrard IV de la Marck en 1445, endommagèrent gravement le bâtiment, nécessitant une reconstruction presque totale au XVe siècle.
La reconstruction, achevée en 1452, donna à l’église son caractère défensif : le clocher, le chœur et une voûte gothique furent ajoutés, tandis que les fenêtres furent transformées en meurtrières pendant les guerres de Religion. Consacrée le 25 août 1452 par l’archevêque Jean II Jouvenel des Ursins, elle devint un refuge pour les habitants face aux brigandages. Au XVIIe siècle, en période de paix, la charpente et la couverture furent refaites, passant d’une structure à deux nefs à une toiture en pyramide.
Les crues dévastatrices de la Meuse, comme celles de 1658 (rendant l’église accessible uniquement en nacelle) ou de 1740 (détruisant trois maisons voisines), marquèrent son histoire. Le curé Pierre de la Haye immortalisa ces événements par des inscriptions commémoratives. L’édifice, classé monument historique en 1959, abrite des fresques du XVIe siècle redécouvertes en 1925 et restaurées entre 1961 et 1967, ainsi qu’un mobilier remarquable : une cuve baptismale du XIIe siècle, un maître-autel en marbre de 1783, et des statues des XVIIIe et XVIIe siècles.
Son architecture mêle éléments défensifs (créneaux, tourelle, meurtrières) et religieux (voûtes ogivales, vitraux, fresques). Le porche ogival, les contreforts adhérents et les portes bouchées (dont deux réservées à un usage privé) soulignent son évolution entre lieu de culte et forteresse. Les fresques, comme Le Trône de Grâce ou L’Arbre de Jessé, illustrent son riche patrimoine iconographique, tandis que les modifications successives reflètent les besoins changeants de la communauté, entre protection et dévotion.
Les curés qui se succédèrent, comme Pierre Fournil de la Haie (mort en 1742) ou Honoré Masson (jusqu’en 1804), jouèrent un rôle clé dans la préservation de l’édifice. Au XIXe siècle, des observateurs comme M. Hubert (1853) alertèrent sur son état, notant l’humidité des murs due à son implantation en contrebas. Aujourd’hui, l’église reste un témoignage unique de l’histoire ardennaise, où se croisent art sacré, architecture militaire et mémoire des crues fluviales.