Frise chronologique
fin IXe–XIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
fin IXe–XIe siècle (≈ 1195)
Nef carolingienne et abside semi-circulaire initiale.
XIIe siècle
Transformation majeure
Transformation majeure
XIIe siècle (≈ 1250)
Transept, chœur voûté et nouveau clocher.
XVe siècle
Ajout de la chapelle sud
Ajout de la chapelle sud
XVe siècle (≈ 1550)
Fresques et galerie funéraire (détruite).
29 novembre 1838
Chute du clocher
Chute du clocher
29 novembre 1838 (≈ 1838)
Détruit par un ouragan.
1863
Désaffectation
Désaffectation
1863 (≈ 1863)
Remplacée par une nouvelle église.
1913
Classement MH
Classement MH
1913 (≈ 1913)
Protection au titre des monuments historiques.
années 1930
Création du musée
Création du musée
années 1930 (≈ 1930)
Association des amis du vieux Cravant.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise du cimetière (cad. AB 24) : classement par arrêté du 10 février 1913
Personnages clés
| Saint Léger - Patron de l’église |
Évêque d’Autun martyrisé au VIIe siècle. |
| Charles Lelong - Archéologue |
A daté les arcs du XIIe siècle. |
| Georges Ott - Architecte |
Travaux sur le clocher en 1841. |
Origine et histoire
L’église Saint-Léger du Vieux-Bourg, située à Cravant-les-Côteaux (Indre-et-Loire), est un édifice aux origines remontant entre la fin du IXe et le XIe siècle, avec une nef au décor inspiré de l’art carolingien. Son emplacement, près d’une source autrefois vénérée par les païens, suggère une volonté de christianisation du site. L’abside semi-circulaire initiale, plus étroite que la nef, était dédiée à saint Léger, évêque d’Autun martyrisé au VIIe siècle.
Au XIIe siècle, l’église subit d’importantes modifications : la façade occidentale est reprise avec une nouvelle porte, et l’abside primitive est remplacée par un transept carré prolongé d’un chœur voûté en ogives, surmonté d’un clocher. Ce dernier, reconstruit au XVe siècle, s’effondrera lors d’un ouragan en 1838. La même époque voit l’ajout d’une chapelle sud, décorée de fresques représentant la Vierge et des donateurs sous un ciel étoilé, ainsi qu’une galerie funéraire démolie ultérieurement.
Désaffectée en 1863 au profit d’une nouvelle église dans le bourg moderne, le bâtiment est vendu aux enchères en 1865 à la Société française d’archéologie. Classée monument historique en 1913, elle est cédée en 1933 à l’Association des amis du vieux Cravant, qui y aménage un musée exposant des sarcophages mérovingiens et des objets locaux. Les fresques, dont une scène du martyre de saint Léger sur la voûte du transept, sont redécouvertes dans les années 1930.
L’architecture mêle des techniques variées : la nef, jamais voûtée, conserve un appareil décoratif en arête-de-poisson typiquement carolingien, tandis que les baies en plein cintre et les chapiteaux du XIIe siècle illustrent l’évolution romane. Deux piliers monolithes gravés d’entrelacs, peut-être carolingiens ou du XIe siècle, soulèvent des débats sur leur usage initial (porte, chancel). Le site, marqué par des sources et un ancien cimetière, reflète une occupation continue depuis le haut Moyen Âge.
Aujourd’hui, l’église se distingue par ses fresques médiévales (romanes et gothiques), ses éléments de remploi (blocs sculptés de l’ancien chœur) et son rôle muséal. Les fouilles locales ont révélé des traces d’occupation mérovingienne, confirmant l’ancienne importance religieuse et funéraire du Vieux-Bourg, avant son déclin au XIXe siècle au profit du nouveau centre-ville.