Frise chronologique
vers 1130
Portail roman
Portail roman
vers 1130 (≈ 1130)
Ajout du portail à bâtons brisés.
XIe siècle (seconde moitié)
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (seconde moitié) (≈ 1150)
Nef romane originale partiellement conservée.
vers 1230-1240
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
vers 1230-1240 (≈ 1235)
Nef élargie et voûtée d’ogives.
XIIIe siècle (seconde moitié)
Chœur gothique rayonnant
Chœur gothique rayonnant
XIIIe siècle (seconde moitié) (≈ 1350)
Remplacement du chœur roman.
16 octobre 1930
Classement MH
Classement MH
16 octobre 1930 (≈ 1930)
Inscription aux Monuments Historiques.
1948-1950
Restauration post-guerre
Restauration post-guerre
1948-1950 (≈ 1949)
Réparations après bombardements.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 16 octobre 1930
Personnages clés
| Saint Leufroy d'Évreux - Patron de l'église |
Reliques apportées au IXe siècle. |
| Abbé Beaudouin - Curé révolutionnaire |
Serment constitutionnel en 1791. |
| Baron Georges Ferdinand de Condé - Mécène du XIXe siècle |
Finance la restauration de 1858. |
| Eugène Müller - Historien local |
Étudie le portail roman en 1899. |
| Dominique Vermand - Spécialiste du patrimoine |
Analyse l’architecture gothique de l’église. |
Origine et histoire
L’église Saint-Leufroy de Thiverny, située dans l’Oise (Hauts-de-France), est un édifice modeste mais emblématique, mêlant styles roman et gothique. Construite à partir du XIe siècle, elle conserve des éléments roman comme le mur nord de la nef et un portail à bâtons brisés (vers 1130). La nef, reconstruite vers 1230-1240 dans un style gothique influencé par l’église Saint-Médard de Creil, contraste avec le chœur sobre de la seconde moitié du XIIIe siècle, typique du gothique rayonnant. Un rare vitrail du XIIIe siècle, représentant saint Leufroy, subsiste dans le chevet.
La dédicace à saint Leufroy d’Évreux (mort en 738) s’explique par l’histoire des reliques : fuyant les invasions normandes au IXe siècle, des moines de l’abbaye de La Croix-Saint-Leufroy les apportèrent à Thiverny. Bien que perdues avant la Révolution, une vertèbre du saint, offerte en 1769 par l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, est toujours conservée dans une châsse. L’église, inscrite aux Monuments Historiques en 1930, fut restaurée après les dommages de la Seconde Guerre mondiale (1948-1950).
L’édifice illustre l’adaptation des principes gothiques à petite échelle, avec une nef voûtée d’ogives et un chœur dépouillé, reflétant les contraintes budgétaires locales. Le portail roman, les chapiteaux sculptés, et les peintures murales (rinceaux, Cène) témoignent d’un patrimoine artistique préservé. La procession annuelle du 21 juin, disparue après 1945, célébrait autrefois le saint patron. Aujourd’hui affiliée à la paroisse Notre-Dame-des-deux-Rivières, l’église n’accueille plus de célébrations régulières.
Les restaurations successives (1858, 1870, 1981) ont permis sa conservation, malgré des périodes troubles : fermeture révolutionnaire, destruction partielle des chapiteaux du chœur, ou remplacement de la cloche en 1872. Le mobilier inclut, outre le vitrail classé, des statues (saint Leufroy, saint Benoît), une dalle funéraire du XVIIIe siècle, et des fonts baptismaux en pierre monolithe. L’architecture extérieure, marquée par des contreforts gothiques et un clocher en charpente, s’intègre harmonieusement au paysage de la vallée du Thérain.
L’histoire paroissiale reflète les bouleversements nationaux : serment constitutionnel du curé Beaudouin en 1791, suppression du culte sous la Terreur, puis rétablissement partiel. Au XIXe siècle, Thiverny devient succursale de Montataire (1870), avant d’être intégrée à une paroisse élargie en 1996. Le déclin de son usage liturgique depuis les années 1970 contraste avec son état de conservation remarquable, fruit d’un entretien continu depuis son inscription.
Les sources locales (Paul Darle, Eugène Müller, Dominique Vermand) soulignent son originalité : une nef romane élargie en style gothique, un chœur sans formerets, et des chapiteaux rudimentaires, signes d’économie. Le vitrail de saint Leufroy, restauré après 1945, reste le joyau de l’édifice, symbole d’un patrimoine à la fois modeste et précieux, ancré dans l’histoire religieuse et sociale de l’Oise.