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Eglise Saint-Louis à Brest dans le Finistère

Eglise Saint-Louis

    3 Rue Jules Michelet
    29200 Brest
Propriété de la commune
Eglise Saint-Louis
Eglise Saint-Louis
Eglise Saint-Louis
Crédit photo : Broenberr - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1686-1785
Construction de la première église
1742-1758
Réalisations de Frézier
1944
Destruction pendant la guerre
1953-1958
Reconstruction moderne
2008
Vol et récupération du calice
2018
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L’église Saint-Louis, figurant au cadastre section CH, parcelle n°86 : inscription par arrêté du 12 décembre 2018.

Personnages clés

Siméon Garangeau - Architecte (XVIIe-XVIIIe) Plans initiaux de l’église baroque.
Amédée François Frézier - Architecte et ingénieur Auteur du baldaquin (1758).
Yves Michel (et collectif) - Architectes (XXe) Conception de l’église moderne (1953-1958).
Philippe Kaeppelin - Sculpteur Maître-autel et calvaire contemporains.
Maurice Rocher - Artiste verrier Vitraux représentant saints bretons.
Marion Le Bec - Artiste contemporaine Auteur du chemin de croix (2017).

Origine et histoire

L’église Saint-Louis de Brest est un édifice moderne érigé entre 1953 et 1958, après la destruction totale de son prédécesseur lors des bombardements de 1944. Conçue par un collectif d’architectes (Yves Michel, Jean Lacaille, Jacques Lechat, Yves Perrin-Houdon et Hervé Weisbein), elle incarne la reconstruction d’après-guerre avec une structure audacieuse en béton armé, une voûte de 24,5 mètres et un clocher tronqué. Ses vitraux, signés Maurice Rocher et Léon Zack, ainsi que ses sculptures de Philippe Kaeppelin, en font un haut lieu de l’art sacré du XXe siècle. Le mur ouest, quasi aveugle, contraste avec la verrière est, symbolisant le dualisme entre Mal et Bien, tandis que les portes rouges rappellent le sang des victimes de la guerre.

L’ancienne église Saint-Louis, construite entre 1686 et 1785, était un édifice baroque marqué par l’histoire coloniale et religieuse de Brest. Siméon Garangeau en dessina les plans en 1688, mais les travaux furent interrompus par des conflits avec les Jésuites avant d’être repris en 1742. Amédée François Frézier y ajouta un baldaquin remarquable, soutenu par quatre colonnes de marbre cipolin provenant des ruines antiques de Leptis Magna (Libye), offertes à Louis XIV en 1689. Ce baldaquin, achevé en 1758, abritait un tableau du Martyre des Maccabées, hérité de l’église des Sept-Saints, détruite en 1841. L’édifice, gravement endommagé en 1944, fut rasé pour laisser place à la reconstruction.

Parmi les éléments patrimoniaux notables, un calice fabriqué avec l’or et l’argent des bijoux des victimes de l’abri Sadi-Carnot (1944) lie l’église à la mémoire traumatique de la ville. Volé en 2008, il fut retrouvé grâce à un antiquaire. En 2017, un chemin de croix contemporain, œuvre de Marion Le Bec, y fut installé, incluant une 15e station dédiée à la Miséricorde, inspirée par le film La Passion du Christ de Mel Gibson. L’église, inscrite aux monuments historiques en 2018, reste un symbole de résilience, mêlant héritage destructeur et renaissance artistique.

L’architecture de l’église actuelle s’inspire des modèles suisses (comme la Antoniuskirche de Bâle), avec une nef éclairée par une baie zénithale et un baptistère intégrés. Le parement de pierre de Logonna dialogue avec le béton brut, tandis que le clocher, initialement prévu plus haut, fut réduit pour des raisons techniques. Les deux colonnes d’entrée, prévues en cipolin vert, ne reçurent jamais leur revêtement faute de budget. Malgré son aspect inachevé, l’édifice se distingue par sa volonté innovante dans un Brest reconstruit à la hâte, où peu de bâtiments osèrent une telle ambition architecturale.

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