Origine et histoire de l'Église Saint-Louis
L’église Saint-Louis de Hyères est une ancienne église conventuelle franciscaine, devenue paroissiale en 1842. Son origine remonte au XIIIe siècle, liée à l’installation des Frères Mineurs en Provence vers 1230. Le roi Saint Louis, de retour de la septième croisade, débarque à Hyères le 12 juillet 1254 et rencontre Hugues de Digne, prédicateur franciscain. Ce lien royal inspire la dédicace de l’église au saint roi. L’édifice, classé monument historique dès 1840, mêle influences romanes (nefs latérales voûtées en berceau) et gothiques (nef centrale à croisées d’ogives).
Au fil des siècles, l’église subit des transformations majeures : vendue comme bien national en 1796, rachetée par la commune en 1822, puis restaurée à partir de 1832. La façade est refaite en 1854, et un clocher est ajouté. En 1847, l’atelier Maréchal de Metz réalise des vitraux remarquables. Le couvent atteste d’une histoire politique et sociale marquée : Charles IX y touche les écrouellés en 1589, et la ville y tient en 1789 une réunion préparatoire aux états généraux. La chapelle Notre-Dame de Lourdes, construite en 1874, conserve un décor néo-gothique intact.
L’architecture actuelle reflète ces strates historiques : trois nefs de 48 mètres de long, une rosace rayonnante, et des portails en plein cintre à claveaux bicolores. Le mobilier inclut un orgue Mader (1878), des tableaux du XIXe siècle illustrant la vie de Saint Louis, et une statue de sainte Véronique classée en 1912. Confiée depuis 2012 à l’Oratoire de Saint Philippe Néri, l’église reste un lieu de culte actif, comme en témoignent les funérailles de Christophe Dominici en 2020.
Les franciscains, installés dès le XIIIe siècle, développent le site avec des chapelles nord dès 1371, après un compromis avec le clergé de Saint-Paul. Le couvent, fermé en 1791, sert brièvement de cantonnement militaire. Son jardin devient l’actuelle place de la République, reliée en 1810-1812 à la place Clemenceau par un escalier. L’hypothèse d’une origine templière, parfois évoquée, est rejetée par les historiens.
L’église illustre aussi l’art sacré provençal : vitraux du XIXe siècle, tableaux monumentaux (comme celui d’Arsenne en 1840 représentant le débarquement de Saint Louis), et un buffet d’orgue de 1848. Son chevet plat, ses contreforts, et ses chapelles latérales soulignent son évolution entre fonction conventuelle et paroissiale. Aujourd’hui, elle incarne à la fois un patrimoine architectural et une vie spirituelle toujours vivante.