Origine et histoire de l'Église Saint-Louis
L'église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon a été conçue dans le cadre de la fondation napoléonienne de la ville en 1804. Sa construction, financée par les décrets de 1808, débuta en 1809 sous la direction de l'architecte Simon Vallot, puis fut reprise par l'ingénieur Duvivier en 1813. Les plans initiaux s'inspiraient des basiliques romaines et des premières églises chrétiennes, comme Saint-Philippe-du-Roule. Malgré des restrictions budgétaires après 1815, Duvivier conserva les éléments principaux et proposa une façade monumentale en 1822. L'ingénieur Viollet acheva la construction, notamment en réalisant un berceau lambrissé en bois de chêne.
L'église fut consacrée en 1830 sous le nom de Saint-Louis, alors que la ville portait le nom de Bourbon-Vendée. Les travaux, inachevés faute de fonds, reprirent en 1850 sous la direction d'Edmond Humblot et s'achevèrent en 1859. L'édifice, emblématique de l'architecture néoclassique, fut classé Monument Historique en 1982. Il a subi des restaurations extérieures entre 1999 et 2004, et des travaux de rénovation ont été lancés en 2017 pour une durée de dix ans.
L'architecture extérieure néoclassique se distingue par un portique de six colonnes toscanes surmonté d'un fronton triangulaire, et deux clochers carrés de 33,5 mètres. À l'intérieur, un péristyle corinthien supporte une voûte lambrissée en berceau, ornée de caissons en bois et de rosaces en trompe-l'œil. La voûte de l'abside, entièrement peinte, intègre une gloire avec le tétragramme. Les dimensions imposantes (72 m de longueur, 51 m de largeur avec les chapelles) en font la plus grande église de Vendée.
Le décor intérieur combine trompe-l'œil, vitraux et sculptures. Les vitraux, réalisés entre 1872 et 1875 par Lusson et Lefèvre, illustrent des scènes bibliques et des saints, tandis que les peintures incluent un chemin de croix monumental et un monument aux morts de 1926. Les chapelles latérales, comme celle de la Vierge (abritant une statue du XIVe siècle) ou celle de Saint-Lienne (contenant 183 reliques), ajoutent une dimension historique et spirituelle. L'église intègre aussi des symboles républicains, comme des vitraux aux couleurs nationales.
Le mobilier, sobre et inspiré des styles Directoire et Restauration, comprend une chaire en noyer sculptée par Grootaërs et un baldaquin baroque en stuc. Deux orgues animent l'édifice : un Cavaillé-Coll à huit jeux et un grand orgue de tribune (Koenig, 1989) de quarante jeux. L'église, propriété de la commune, reste un lieu de culte actif et un témoignage majeur de l'urbanisme napoléonien.
L'édifice reflète les idéaux des Lumières et des urbanistes du XVIIIe siècle, avec un plan rectangulaire et une dépouille volontaire, rappelant les basiliques civiles antiques. Son fronton, restauré, porte l'inscription D. N. IESV CHRISTO IN HONOR. S. LVDOVIC., tandis que le pronaos abrite des statues de saint Louis (Guéniot, 1934) et saint Lienne (Fulconis, 1898).