Frise chronologique
1929
Nomination de Mgr Dubourg
Nomination de Mgr Dubourg
1929 (≈ 1929)
Relance de la pratique religieuse à Marseille.
1932
Don du terrain
Don du terrain
1932 (≈ 1932)
Paroissienne offre 1 100 m² pour la construction.
1933
Début des travaux
Début des travaux
1933 (≈ 1933)
Confés à l’architecte Jean-Louis Sourdeau.
15 octobre 1933
Bénédiction du terrain
Bénédiction du terrain
15 octobre 1933 (≈ 1933)
Cérémonie avec la Vierge à l’Enfant de Carli.
1935
Inauguration de l’église
Inauguration de l’église
1935 (≈ 1935)
Ouverture au public après deux ans.
1989
Classement monument historique
Classement monument historique
1989 (≈ 1989)
Inscription de l’édifice en totalité.
2016
Restauration du chemin de croix
Restauration du chemin de croix
2016 (≈ 2016)
Traitement des dégradations par infiltrations.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. M 22) : inscription par arrêté du 14 décembre 1989
Personnages clés
| Jean-Louis Sourdeau - Architecte |
Conçoit l’église malgré le terrain pentagonal. |
| Carlo Sarrabezolles - Sculpteur |
Réalise Christ, anges et archange Gabriel. |
| Gabriel Pourtal - Abbé et curé |
Porteur du projet pour 900 fidèles. |
| Jac Martin-Ferrières - Peintre |
Auteur du chemin de croix en fresque. |
| Jean Gaudin - Maître verrier |
Invente la « mosaïque transparente » des vitraux. |
| François Carli - Sculpteur |
Crée la Vierge à l’Enfant en plâtre. |
| Louis Botinelly - Sculpteur |
Réalise la stèle de sainte Fortunée. |
| Mgr Dubourg - Évêque de Marseille |
Initiateur de la relance religieuse locale. |
Origine et histoire
L’église Saint-Louis de Marseille remplace une première église paroissiale du XVIIIe siècle, devenue trop exiguë après la Première Guerre mondiale. Le développement industriel des quartiers nord (savonneries, raffineries, minoteries) et l’afflux de fidèles rendent nécessaire la construction d’un nouvel édifice. En 1932, une paroissienne offre un terrain pentagonal de 1 100 m2, entouré d’usines, où l’architecte Jean-Louis Sourdeau relève le défi de construire une église de 900 places malgré la forme irrégulière du terrain. L’édifice, inauguré en 1935, innove par son usage pionnier du béton armé, tant pour la structure que pour les décors sculptés.
La façade principale, ornée d’un Christ monumental de 6,5 m et d’un archange Gabriel de 9 m au sommet du clocher, est l’œuvre du sculpteur Carlo Sarrabezolles, inventeur d’une technique de taille directe dans le béton frais. L’intérieur abrite des fresques du chemin de croix par Jac Martin-Ferrières, des vitraux en « mosaïque transparente » de Jean Gaudin, et des sculptures comme une Vierge à l’Enfant en plâtre ou une stèle en marbre de sainte Fortunée par Louis Botinelly. La coupole de 21 m de diamètre, percée de rosaces formant un hymne religieux, illustre l’audace architecturale de l’époque.
Classée monument historique en 1989, l’église symbolise la revitalisation religieuse et urbaine des banlieues marseillaises dans l’entre-deux-guerres. Son style mêle modernité technique (béton armé, vitraux innovants) et symbolisme traditionnel (chrisme, inscriptions latines), reflétant les tensions entre industrialisation et foi. Les restaurations, comme celle du chemin de croix en 2016, témoignent de sa valeur patrimoniale.
Le quartier Saint-Louis, marqué par l’industrie (savonneries, sucreries), voit dans cette église un lieu de rassemblement pour une population ouvrière en quête d’identité. L’abbé Gabriel Pourtal, nommé par Mgr Dubourg en 1929, joue un rôle clé dans le projet, combinant ambition pastorale et adaptation aux contraintes urbaines. L’édifice incarne ainsi une réponse architecturale et spirituelle aux mutations sociales de Marseille dans les années 1930.