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Église Saint-Louis-en-l'Île à Paris

Patrimoine classé
Eglise

Église Saint-Louis-en-l'Île à Paris

    3 Rue Poulletier
    75004 Paris

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1623
Construction de la chapelle primitive
1656
Début des travaux de l’église actuelle
1702
Loterie royale pour financer la nef
1726
Consécration de l’église
1791
Désaffectation révolutionnaire
1915
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

François Le Vau - Architecte Concepteur initial de l’église (1656).
Louis XIII - Roi de France Autorisa le lotissement de l’île Saint-Louis.
Famille Bontemps - Mécènes Finança partiellement la construction via Louis XIV.
Corentin Coroller - Curé pendant la Révolution Maintint le culte clandestinement.
Louis-Auguste Napoléon Bossuet - Curé au XIXe siècle Enrichit l’église d’œuvres d’art.
Bernard Aubertin - Facteur d’orgues Installa l’orgue baroque en 2005.

Origine et histoire

L’église Saint-Louis-en-l’Île est située sur l’île Saint-Louis à Paris, à l’angle des rues Saint-Louis-en-l’Île et Poulletier. Sa construction s’étala de 1624 à 1726, sous la direction initiale de l’architecte François Le Vau, puis de Gabriel Le Duc, Pierre Bullet et Jacques Doucet. Dédiée à Saint Louis (Louis IX), elle remplace une chapelle primitive érigée en 1623 pour les premiers habitants de l’île, lotie par Christophe Marie sous Louis XIII. Le saint patron, canonisé en 1297, est associé à la Couronne d’épines et à la Sainte-Chapelle, qu’il fit construire pour abriter cette relique.

La construction de l’église actuelle débuta en 1656 après la destruction de la chapelle devenue trop exiguë. Le chœur, orienté vers l’est, fut achevé en 1679, mais les travaux traînèrent en raison de difficultés financières, malgré l’appui de la famille Bontemps, proche de Louis XIV. Une loterie royale en 1702 permit de financer la nef, terminée en 1723, et le transept en 1725. L’église fut consacrée en 1726 par l’évêque de Grenoble. Son clocher actuel, un obélisque ajouré de 30 mètres, fut érigé en 1765 par François Antoine Babuty-Desgodets pour remplacer un campanile détruit par la foudre.

Pendant la Révolution, l’église fut désaffectée en 1791, pillée et transformée en dépôt littéraire avant d’être vendue comme bien national. Le curé Corentin Coroller, ayant prêté serment constitutionnel, put y maintenir un culte clandestin jusqu’à sa nomination comme curé concordataire en 1802. Il y accueillit même le pape Pie VII en 1805 pour une messe célébrée dans une église temporairement décorée de tapisseries des Gobelins. Rachatée par la Ville de Paris en 1817, elle fut restaurée et enrichie au XIXe siècle par le curé Louis-Auguste Napoléon Bossuet, qui y investit sa fortune pour acquérir œuvres d’art et décors néo-classiques.

L’église abrite des œuvres majeures, comme des tableaux de Carle van Loo et Jacques Stella, ainsi qu’un orgue baroque installé en 2005 par Bernard Aubertin. Classée monument historique en 1915, elle fait l’objet depuis 2020 d’un programme de restauration de 80 millions d’euros. Son architecture unique, combinant chevet plat et déambulatoire, en fait un témoignage rare de l’art religieux des XVIIe et XVIIIe siècles.

Parmi les personnalités inhumées dans l’église figurent le peintre Jean-Baptiste de Champaigne (1681) et le poète Philippe Quinault (1688). La famille Bontemps, proche de Louis XIV, y possédait un caveau derrière le maître-autel. Les chapelles abritent des dalles funéraires et des œuvres comme une Vierge à l’Enfant de François Alexandre Lafond ou une icône byzantine de Notre-Dame du Perpetuel Secours, introduite au XIXe siècle par les Rédemptoristes.

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