Frise chronologique
VIe siècle
Première mention
Première mention
VIe siècle (≈ 650)
Église dédiée à saint Lubin attestée.
1045
Sanctuaire roman
Sanctuaire roman
1045 (≈ 1045)
Cité dans le cartulaire de Saint-Vincent-du-Mans.
1644
Retable et autels latéraux
Retable et autels latéraux
1644 (≈ 1644)
Transformation baroque de l’abside.
1856-1862
Restauration par Nourry-Blatin
Restauration par Nourry-Blatin
1856-1862 (≈ 1859)
Agrandissement et modernisation de l’édifice.
1926
Inscription MH
Inscription MH
1926 (≈ 1926)
Protection de l’église entière.
1964
Classement partiel
Classement partiel
1964 (≈ 1964)
Abside, peintures et retable protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 16 janvier 1926 - Abside (y compris les peintures murales) et le retable du maître-autel : classement par arrêté du 30 juillet 1964
Personnages clés
| Nourry-Blatin - Architecte |
Dirigea les travaux de 1856-1862. |
Origine et histoire
L’église Saint-Lubin de Coulongé trouve ses origines dans une première mention au VIe siècle, dédiée à saint Lubin. Un sanctuaire roman est construit au XIe siècle, comme en témoigne l’ecclesia Colongiacus citée en 1045 dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Vincent du Mans. Cet édifice initial, à nef unique de cinq travées, se termine par une abside en cul-de-four et une coupole sur trompes, caractéristique de l’art roman sarthois.
Au milieu du XVIIe siècle, l’abside est transformée avec l’ajout d’un grand retable en pierre (1644) et de deux autels latéraux, reflétant les évolutions liturgiques de l’époque. Ces éléments, encore visibles, marquent une phase de revalorisation baroque de l’édifice, alors sous l’influence des courants artistiques post-tridentins.
Entre 1856 et 1862, l’architecte Nourry-Blatin dirige une campagne majeure de restauration et d’agrandissement. La nef est allongée d’une travée, une chapelle sud est construite, et la tour-clocher, jugée trop lourde, est remplacée par une flèche plus légère. Ces travaux répondent à un double enjeu : remédier à la vétusté du bâtiment et l’adapter à une communauté grandissante. Les toitures sont refaites en ardoise, matériaux typique de la région.
Au XXe siècle, la redécouverte de peintures murales des XIIe et XIIIe siècles, dissimulées sous un badigeon, révèle un décor exceptionnel : un Christ entouré du tétramorphe (symboles des quatre évangélistes). Ces fresques, classées en 1964 avec l’abside et le retable, illustrent l’importance patrimoniale du site.
L’église, inscrite aux Monuments Historiques depuis 1926, abrite également un mobilier remarquable : retables du XVIIIe siècle, tableaux classés (dont La Trinité entourée d’anges), et un panneau peint du XVIe siècle représentant La Cène. Ces éléments témoignent de la richesse artistique accumulée au fil des siècles, entre dévotion locale et influences régionales.
Aujourd’hui, l’édifice incarne près de 15 siècles d’histoire religieuse et architecturale, depuis ses fondations mérovingiennes présumées jusqu’à ses restaurations modernes. Son mélange de styles — roman primitif, baroque et néogothique — en fait un témoin privilégié de l’évolution des pratiques cultuelles et des savoir-faire artisanaux en Anjou-Maine.