Frise chronologique
Vers 1037
Donation du patronage
Donation du patronage
Vers 1037 (≈ 1037)
Heilon, châtelain de Beauvais, donne le patronage de la cure au chapitre de Saint-Barthélemy.
1157
Conflit de patronage
Conflit de patronage
1157 (≈ 1157)
L'évêque Henri de France tranche un différend entre les chapitres de Beauvais.
Vers 1200
Construction du transept et chœur gothique
Construction du transept et chœur gothique
Vers 1200 (≈ 1200)
Remplacement du chœur roman par un transept et une abside.
Second quart du XIIe siècle
Construction du portail roman
Construction du portail roman
Second quart du XIIe siècle (≈ 1250)
Portail décoré de motifs romans et archivoltes.
XVe–XVIe siècle
Reconstruction du croisillon sud
Reconstruction du croisillon sud
XVe–XVIe siècle (≈ 1650)
Style flamboyant avec fenêtres à remplage.
Dernier quart du XIXe siècle
Restauration controversée
Restauration controversée
Dernier quart du XIXe siècle (≈ 1865)
Ajout de fausses voûtes en plâtre et modification des fenêtres.
1873
Observation des fenêtres romanes
Observation des fenêtres romanes
1873 (≈ 1873)
Dernier témoignage des ouvertures d'origine par Warmé.
2 avril 1927
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
2 avril 1927 (≈ 1927)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 2 avril 1927
Personnages clés
| Heilon - Châtelain de Beauvais |
Donateur du patronage de la cure en 1037. |
| Henri de France - Évêque de Beauvais |
Tranche un différend entre chapitres en 1157. |
| Eugène Woillez - Archéologue et médecin |
Étudie la nef romane dans les années 1840. |
| Dominique Vermand - Historien de l'art |
Analyse les églises romanes de l'Oise. |
| Antoine-Joseph Warmé - Historien local |
Décrit l'église et ses fenêtres en 1873. |
| Louis Graves - Statisticien et historien |
Mentionne une extension erronée de la nef. |
Origine et histoire
L'église Saint-Lucien d'Ansacq, située dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France, est un édifice religieux aux influences architecturales variées. Elle combine une nef romane, un transept et un chœur de style gothique primitif, tandis que le croisillon sud a été entièrement reconstruit à la période flamboyante. Son portail occidental, richement décoré de motifs romans, est l’un des éléments les plus remarquables du monument. L’absence de bas-côtés et de clocher traditionnel, remplacé par un petit clocher en charpente, ajoute à son caractère unique.
L’histoire de l’église est marquée par des transformations successives. Au XIIe siècle, le chœur roman est remplacé par un transept et une abside gothique primitive, tandis que le croisillon sud est reconstruit au XVIe siècle dans un style flamboyant. Le portail roman, daté du second quart du XIIe siècle, est un témoignage précieux de l’art roman local, avec ses archivoltes décorées et ses chapiteaux sculptés. L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 1927, conserve également des vestiges de peintures murales et des vitraux des XVe et XVIe siècles.
Au haut Moyen Âge, Ansacq était un village important, doté d’un château fort et dépendant partiellement de la baronnie de Mouchy-le-Châtel et du comté de Clermont. Le patronage de l’église fut partagé entre les chapitres de Saint-Barthélemy et de la cathédrale de Beauvais à partir du XIIe siècle, après des conflits liés à des usurpations de biens ecclésiastiques. La nef, d’origine romane, a subi des modifications au XIXe siècle, notamment l’ajout de fausses voûtes en plâtre et la restauration des fenêtres.
L’intérieur de l’église révèle une nef aux murs épais et un transept voûté d’ogives, avec des chapiteaux sculptés de crochets. Le croisillon sud, reconstruit à la période flamboyante, se distingue par ses fenêtres à remplage et sa clé de voûte ornée. Malgré des transformations ultérieures, comme la suppression du tympan du portail et l’ajout d’un porche au XVIIe siècle, l’église conserve des éléments architecturaux significatifs, reflétant son évolution à travers les siècles.
Le mobilier de l’église inclut des statues classées, comme celle de saint Nicolas (XVe–XVIe siècle) et une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle, ainsi que des fragments de vitraux du XVIe siècle. Ces éléments, associés à l’architecture hybride de l’édifice, en font un témoignage précieux du patrimoine religieux de l’Oise. Aujourd’hui affiliée à la paroisse Sainte-Claire de Mouy, l’église n’est plus utilisée régulièrement pour le culte, mais reste un lieu chargé d’histoire.
La localisation de l’église, à flanc de coteau à la limite orientale du village, et son ancien cimetière entouré d’un mur de soutènement, ajoutent à son caractère pittoresque. Bien que partiellement masquée par la végétation et des propriétés privées, elle domine la vallée marécageuse environnante. Son inscription aux monuments historiques en 1927 a permis de préserver ce patrimoine, malgré les restaurations parfois controversées du XIXe siècle.